Le référent communication
Le référent communication du CSE est l’élu ou le membre du comité chargé d’aider l’instance à informer clairement les salariés : actualités du CSE, procès-verbaux adoptés, comptes rendus synthétiques, activités sociales et culturelles, consultations importantes, campagnes de prévention, permanences, enquêtes, appels à participation ou informations pratiques. Cette fonction n’est pas obligatoire, mais elle peut renforcer la visibilité du CSE et la confiance des salariés, à condition d’être encadrée. Le référent communication prépare, met en forme et diffuse selon les règles décidées par le CSE ; il ne parle pas seul au nom du comité sur les sujets sensibles et doit respecter la confidentialité, les données personnelles, la loyauté de l’information et les décisions collectives du CSE.
À retenir
- Le référent communication n’est pas une fonction obligatoire prévue par le Code du travail : il s’agit d’un rôle interne créé par le CSE.
- Il aide le CSE à rendre son action visible, lisible et régulière auprès des salariés.
- Il ne remplace pas le secrétaire du CSE, notamment pour les procès-verbaux, dont la diffusion après adoption relève du secrétaire selon les modalités prévues par le règlement intérieur.
- Il ne décide pas seul des positions officielles du CSE : avis, résolutions, communiqués sensibles et prises de position doivent être validés collectivement.
- Il doit respecter la confidentialité, la protection des données personnelles, la prudence dans les formulations et les règles d’utilisation des outils de communication.
- Le règlement intérieur du CSE doit préciser les canaux utilisés, les validations nécessaires, les responsabilités et les règles d’archivage des communications.
Définition et utilité du référent communication
Le référent communication est un rôle d’organisation interne du CSE. Il peut être confié à un élu titulaire, un suppléant, un membre d’une commission, un membre du bureau ou un élu volontaire disposant d’une appétence pour la rédaction, la mise en forme et la diffusion d’informations.
Le Code du travail ne prévoit pas expressément une fonction de “référent communication”. Le CSE peut toutefois organiser cette fonction dans le cadre de son règlement intérieur. L’article L. 2315-24 du Code du travail prévoit que le CSE détermine, dans un règlement intérieur, les modalités de son fonctionnement et celles de ses rapports avec les salariés de l’entreprise, pour l’exercice de ses missions.
Cette base est importante : communiquer fait partie des rapports du CSE avec les salariés. Les élus doivent expliquer ce qu’ils font, rendre visibles les informations utiles, permettre aux salariés de comprendre les décisions du comité et faciliter l’accès aux prestations ou démarches proposées.
Un rôle de clarté, pas un porte-parole solitaire
Le référent communication ne doit pas devenir l’unique voix du CSE. Il prépare les supports, propose les formulations, met en forme les messages, organise les publications et veille à la cohérence éditoriale. Mais les positions officielles du CSE doivent rester décidées par le comité ou validées selon une procédure claire.
Créer la fonction au sein du CSE
La fonction de référent communication peut être créée par une résolution du CSE, par une clause du règlement intérieur ou par une organisation interne du bureau. Pour éviter les malentendus, il est préférable de formaliser la fonction, surtout si le référent dispose d’accès à des outils numériques, publie des messages au nom du CSE ou gère des informations destinées aux salariés.
Le CSE doit définir le périmètre exact du rôle : communication interne, communication ASC, informations issues des réunions, communication SSCT, gestion d’une newsletter, animation d’un espace intranet, mise à jour d’un affichage, rédaction de synthèses ou préparation de supports visuels.
Points à définir dès la création
- personne désignée et durée de la fonction ;
- missions confiées ;
- canaux de communication utilisés ;
- messages pouvant être diffusés sans validation supplémentaire ;
- messages nécessitant la validation du secrétaire, du bureau ou du CSE ;
- règles relatives aux procès-verbaux et comptes rendus ;
- règles de confidentialité ;
- accès aux outils numériques du CSE ;
- modalités d’archivage des communications ;
- procédure en cas de remplacement du référent.
Un référent communication utile est un référent mandaté. Il doit savoir ce qu’il peut publier, ce qu’il doit faire valider et ce qui relève d’une décision collective du CSE.
Ce qui relève du CSE, du secrétaire et du référent communication
Le référent communication doit être articulé avec les fonctions existantes, notamment le secrétaire du CSE. Le secrétaire conserve un rôle central dans l’établissement des procès-verbaux, la préparation de l’ordre du jour avec le président et la traçabilité institutionnelle des travaux du comité.
L’article L. 2315-34 du Code du travail prévoit que les délibérations du CSE sont consignées dans un procès-verbal établi par le secrétaire du comité. L’article L. 2315-35 du Code du travail prévoit que le procès-verbal peut, après avoir été adopté, être affiché ou diffusé dans l’entreprise par le secrétaire du comité, selon des modalités précisées par le règlement intérieur.
Le référent communication peut préparer une mise en forme, une synthèse ou une publication, mais il ne doit pas diffuser un projet de PV comme s’il s’agissait d’un document adopté. Il doit distinguer clairement les documents officiels, les synthèses pédagogiques, les communications ASC et les messages pratiques.
Répartition pratique des rôles
- le CSE décide les positions officielles, les règles générales de communication et les messages sensibles ;
- le secrétaire établit les procès-verbaux et organise leur diffusion après adoption selon le règlement intérieur ;
- le référent communication prépare les supports, la mise en forme, le calendrier éditorial et les messages pratiques ;
- le trésorier valide les informations financières avant communication lorsqu’elles concernent les budgets ou les ASC ;
- les référents spécialisés transmettent les informations utiles sur leur périmètre : ASC, SSCT, harcèlement, formation, commissions ;
- le règlement intérieur précise les validations nécessaires selon le type de message.
Cette répartition évite deux risques : une communication bloquée parce que personne ne s’en occupe, ou une communication trop personnelle qui engage le CSE sans validation collective.
Missions possibles du référent communication
Les missions du référent communication doivent être adaptées aux besoins du CSE. Dans un petit comité, il peut simplement préparer des affiches et une newsletter trimestrielle. Dans un CSE important, il peut suivre un calendrier de communication, coordonner plusieurs contributeurs, animer un espace numérique, préparer des campagnes ASC et mettre en place une charte éditoriale.
Missions opérationnelles possibles
- préparer les communications pratiques du CSE ;
- mettre en forme les informations destinées aux salariés ;
- préparer une newsletter ou lettre d’information ;
- mettre à jour l’affichage ou l’espace numérique du CSE ;
- relayer les informations sur les ASC ;
- préparer des synthèses de réunions après validation ;
- valoriser les permanences, enquêtes, consultations ou actions du CSE ;
- coordonner les informations transmises par les commissions ;
- préparer des supports de prévention avec les élus SSCT ;
- tenir un calendrier éditorial ;
- archiver les communications diffusées ;
- alerter le CSE lorsqu’une information doit être clarifiée ou validée.
Missions à encadrer fortement
- publication d’un communiqué sur un conflit ou une consultation sensible ;
- diffusion d’informations issues d’un projet confidentiel ;
- communication sur une situation individuelle ;
- réponse publique à une contestation d’un salarié ;
- communication financière ou budgétaire ;
- publication sur un réseau social ;
- usage du logo de l’entreprise ou d’images de salariés ;
- diffusion d’un extrait de procès-verbal ;
- communication sur un droit d’alerte, un accident ou une enquête ;
- message pouvant engager juridiquement ou politiquement le CSE.
Plus le message est sensible, plus la validation doit être collective. Le référent communication doit disposer d’une procédure simple pour savoir quand publier seul, quand demander l’accord du secrétaire et quand faire voter ou valider le CSE.
Canaux de communication du CSE
Le CSE peut utiliser plusieurs canaux de communication, selon les moyens disponibles et les règles applicables dans l’entreprise : panneau d’affichage, local du CSE, messagerie dédiée, intranet, newsletter, espace salarié, affiches, réunions d’information, permanences, documents PDF, formulaires, plateforme ASC ou, avec prudence, réseaux sociaux.
Tous les canaux ne se valent pas. Certains sont adaptés aux informations pratiques ; d’autres aux documents officiels ; d’autres encore aux campagnes de prévention ou aux activités sociales et culturelles. Le référent communication doit choisir le bon canal selon l’objectif du message.
Usages possibles par canal
- affichage : informations courtes, permanences, coordonnées, échéances, annonces essentielles ;
- newsletter : synthèses régulières, calendrier, ASC, rappels utiles ;
- intranet ou espace CSE : documents durables, règlements, formulaires, PV adoptés ou extraits ;
- messagerie : informations ciblées, rappels de dates, communications importantes ;
- réunions d’information : sujets complexes, consultations importantes, échanges avec les salariés ;
- plateforme ASC : prestations, inscriptions, justificatifs et suivi des demandes ;
- réseaux sociaux : usage limité, prudent et conforme aux règles de confidentialité et d’image.
L’utilisation des outils de l’entreprise, comme l’intranet ou la messagerie professionnelle, doit être encadrée. Le CSE doit vérifier les accords applicables, les usages existants, les règles informatiques et les modalités pratiques convenues avec l’employeur.
Communiquer sur les réunions et procès-verbaux
Les réunions du CSE produisent souvent une information dense. Le rôle du référent communication peut être d’aider à rendre cette information compréhensible : dates de réunion, principaux sujets abordés, décisions votées, avis rendus, suites attendues, actions engagées et documents disponibles.
La communication sur les procès-verbaux doit être rigoureuse. Le projet de PV n’est pas le PV adopté. Le CSE doit éviter de diffuser une version non validée comme document officiel. Lorsque le PV contient des informations confidentielles ou des données personnelles, une version expurgée ou une synthèse peut être préférable.
Bonnes pratiques
- attendre l’adoption du PV avant de le présenter comme officiel ;
- distinguer le PV complet, l’extrait de PV et la synthèse pédagogique ;
- faire valider les extraits sensibles ;
- retirer les informations confidentielles avant diffusion aux salariés ;
- éviter les données personnelles inutiles ;
- mentionner la date de la réunion concernée ;
- indiquer clairement les décisions votées ;
- ne pas transformer une synthèse en compte rendu partial ;
- archiver la version diffusée ;
- prévoir une rubrique “points à suivre” pour montrer la continuité du travail du CSE.
Une bonne communication sur les réunions permet aux salariés de comprendre l’action du CSE sans devoir lire systématiquement des documents longs. Mais elle doit rester fidèle aux décisions et aux échanges réellement intervenus.
Communiquer sur les consultations, avis et alertes
Le CSE est informé et consulté sur des sujets qui intéressent l’organisation, la gestion et la marche générale de l’entreprise. L’article L. 2312-8 du Code du travail vise notamment les questions relatives à l’organisation, aux effectifs, aux conditions d’emploi, de travail, à la durée du travail, à la formation professionnelle et à l’introduction de nouvelles technologies.
Le référent communication peut aider le CSE à expliquer ces sujets aux salariés : ce qui est consulté, ce que le CSE a demandé, les documents attendus, les questions posées, les réserves exprimées et les suites. Toutefois, il doit respecter les informations confidentielles et les délais de consultation.
L’article L. 2312-15 du Code du travail prévoit que le CSE dispose d’un délai d’examen suffisant et d’informations précises et écrites transmises ou mises à disposition par l’employeur, ainsi que de la réponse motivée de l’employeur à ses propres observations.
Points de vigilance
- ne pas diffuser les documents confidentiels transmis par l’employeur ;
- ne pas communiquer trop tôt sur un projet encore en cours d’examen sans validation du CSE ;
- expliquer le rôle du CSE sans créer de fausses attentes ;
- distinguer les demandes du CSE, les réponses de l’employeur et les décisions finales ;
- faire valider les messages sur les consultations sensibles ;
- éviter les formulations accusatoires non étayées ;
- communiquer sur les avis rendus et les réserves adoptées par le CSE ;
- suivre les engagements de l’employeur après la consultation.
Les droits d’alerte, les accidents graves, les situations de harcèlement, les restructurations ou les conflits collectifs exigent une communication particulièrement prudente. Le référent communication doit alors fonctionner comme appui rédactionnel, non comme décideur.
Communiquer sur les ASC sans créer de confusion
Les activités sociales et culturelles sont souvent le sujet le plus visible du CSE. Le référent communication peut jouer un rôle important pour rendre les règles ASC compréhensibles : bénéficiaires, prestations, dates d’ouverture, justificatifs, plafonds, modalités d’inscription, remboursement, délais et contacts.
La communication ASC doit être précise. Une annonce imprécise peut créer des tensions : salariés qui pensent avoir droit à une prestation, inscriptions tardives, justificatifs manquants, incompréhension des critères, rumeurs d’inégalité ou contestations.
Informations à indiquer pour une prestation ASC
- nom et objet de la prestation ;
- bénéficiaires concernés ;
- montant de la participation du CSE ;
- plafond ou nombre de places disponibles ;
- dates d’ouverture et de clôture ;
- pièces justificatives nécessaires ;
- lien ou modalité d’inscription ;
- conditions de remboursement ;
- contact du référent ASC ou du CSE ;
- règle applicable en cas de demande incomplète ou hors délai.
Le référent communication doit travailler avec le référent ASC et le trésorier. Avant diffusion, les montants, dates, critères et justificatifs doivent être validés. Une erreur de communication peut avoir un impact financier ou créer une rupture d’égalité entre salariés.
Confidentialité et obligation de discrétion
La communication du CSE doit respecter les informations confidentielles. Le référent communication peut avoir accès à des projets, documents économiques, données sociales, situations individuelles, informations SSCT, demandes de salariés, comptes rendus, projets de PV ou informations présentées comme confidentielles par l’employeur.
L’article L. 2315-3 du Code du travail prévoit que les membres de la délégation du personnel du CSE sont tenus au secret professionnel pour toutes les questions relatives aux procédés de fabrication. Ils sont également tenus à une obligation de discrétion à l’égard des informations revêtant un caractère confidentiel et présentées comme telles par l’employeur.
La confidentialité ne doit pas être utilisée pour empêcher toute communication du CSE. Mais le référent communication doit savoir distinguer ce qui peut être diffusé, ce qui doit être synthétisé, ce qui doit être anonymisé et ce qui ne doit pas être communiqué.
Règles pratiques
- identifier les documents confidentiels avant toute publication ;
- ne jamais publier un document transmis comme confidentiel sans validation ;
- anonymiser les situations individuelles ;
- ne pas diffuser de données personnelles inutiles ;
- séparer communication interne aux élus et communication aux salariés ;
- faire valider les messages sensibles par le secrétaire ou le CSE ;
- archiver les versions diffusées ;
- retirer les accès numériques en cas de changement de référent ;
- prévoir une règle claire pour les documents de consultation ;
- préférer une synthèse neutre lorsqu’un document officiel ne peut pas être diffusé.
Le référent communication doit avoir un réflexe simple : lorsqu’un message concerne une situation individuelle, un projet confidentiel, une alerte ou un conflit, il ne doit pas publier sans validation.
Protection des données personnelles et droit à l’image
Les communications du CSE peuvent contenir des données personnelles : noms, photos, adresses mail, listes d’inscrits, informations familiales, situations individuelles, coordonnées, résultats d’enquêtes, témoignages ou images de salariés. Le référent communication doit limiter ces données à ce qui est nécessaire.
La protection des données concerne particulièrement les communications ASC, les enquêtes internes, les consultations des salariés, les photos d’événements, les listes de bénéficiaires et les échanges par messagerie. Un fichier transmis trop largement ou une photo publiée sans précaution peut créer une difficulté réelle.
Bonnes pratiques
- ne publier une photo de salarié qu’avec une autorisation adaptée ;
- éviter les listes nominatives de bénéficiaires lorsque ce n’est pas nécessaire ;
- masquer les adresses mail en cas d’envoi groupé si l’outil ne gère pas les destinataires ;
- limiter les données collectées dans les formulaires ;
- protéger les fichiers contenant des informations familiales ou sociales ;
- ne pas publier de témoignage identifiable sans accord clair ;
- séparer les communications générales des dossiers individuels ;
- prévoir une durée de conservation des fichiers de communication ;
- désactiver les anciens accès aux outils numériques ;
- informer les salariés de l’usage de leurs données lorsque le CSE collecte des informations.
Le référent communication ne doit pas seulement chercher à “bien communiquer”. Il doit aussi s’assurer que la communication ne révèle pas inutilement des informations personnelles ou sensibles.
Ton, rédaction et validation des messages
Une communication du CSE doit être compréhensible, factuelle et utile. Le référent communication doit éviter les messages trop techniques, trop longs, trop militants lorsqu’il s’agit d’une information institutionnelle, ou trop vagues lorsqu’une action concrète est attendue des salariés.
Le ton peut varier selon le support : une note d’information sur une consultation importante doit être sobre et précise ; une communication ASC peut être plus engageante ; une alerte prévention doit être claire et responsable ; un rappel de permanence doit être court.
Principes rédactionnels utiles
- indiquer clairement l’objet du message ;
- commencer par l’information la plus importante ;
- distinguer faits, demandes du CSE, réponses de l’employeur et décisions ;
- éviter les accusations non étayées ;
- éviter les sigles sans explication ;
- prévoir une action claire : lire, s’inscrire, répondre, venir, transmettre, contacter ;
- indiquer une date limite lorsqu’elle existe ;
- relire les montants, dates, liens et coordonnées ;
- faire valider les messages sensibles ;
- archiver la version finale diffusée.
La qualité de la communication du CSE repose souvent sur une règle simple : un message, un objectif, une action attendue. Les salariés doivent comprendre rapidement pourquoi le CSE leur écrit et ce qu’ils peuvent faire ensuite.
Calendrier éditorial et régularité
Le référent communication peut proposer un calendrier éditorial. L’objectif n’est pas de communiquer tout le temps, mais de rendre l’action du CSE régulière et prévisible. Une communication uniquement centrée sur les urgences donne une image réactive mais peu structurée du comité.
Un calendrier permet d’anticiper les campagnes ASC, les réunions, les consultations récurrentes, les actions de prévention, les rappels de permanences, les bilans, les enquêtes et les communications de début ou de fin d’année.
Exemples de rythme utile
- message court après chaque réunion importante du CSE, après validation ;
- newsletter mensuelle ou trimestrielle ;
- calendrier annuel des ASC ;
- rappels avant les dates limites d’inscription ;
- campagnes de prévention SSCT selon les risques identifiés ;
- bilan annuel des actions du CSE ;
- communication sur les comptes et le rapport d’activité ;
- mise à jour régulière des coordonnées et permanences ;
- communication de début de mandat pour présenter les élus et rôles ;
- communication de passation ou de fin de mandat.
La régularité renforce la crédibilité du CSE. Elle permet aussi d’éviter que les salariés ne découvrent l’existence du comité uniquement lors des élections ou des conflits.
Communication numérique : intranet, newsletter, messagerie et plateformes
La communication numérique facilite l’accès aux informations du CSE, mais elle doit être encadrée. Le référent communication peut gérer une newsletter, une page intranet, un espace documentaire, une plateforme ASC ou une adresse mail de contact. Chaque outil doit avoir un usage défini.
L’utilisation de la messagerie ou de l’intranet de l’entreprise suppose de vérifier les règles internes, les accords applicables et les conditions pratiques validées avec l’employeur. Le CSE peut aussi disposer de ses propres outils, mais il doit alors veiller à la sécurité, aux accès, à l’archivage et à la protection des données.
Points à vérifier avant d’utiliser un outil numérique
- qui administre l’outil ?
- qui dispose des droits de publication ?
- qui valide les messages avant envoi ?
- les anciens élus ont-ils encore accès ?
- les données sont-elles hébergées de manière sécurisée ?
- les salariés peuvent-ils se désabonner d’une newsletter non obligatoire ?
- les adresses mail sont-elles protégées lors des envois groupés ?
- les documents confidentiels sont-ils séparés des contenus publics ?
- les communications sont-elles archivées ?
- une procédure existe-t-elle en cas d’erreur de diffusion ?
Le référent communication doit éviter les outils personnels non maîtrisés. Une page ou un compte créé avec une adresse personnelle peut devenir inaccessible après un changement d’élu et fragiliser la mémoire du CSE.
Archivage et traçabilité des communications
Les communications du CSE doivent être archivées. L’archivage permet de prouver ce qui a été diffusé, à quelle date, sous quelle forme et avec quelle validation. Il facilite également la passation entre élus et la cohérence des messages dans le temps.
Certaines communications peuvent avoir une portée importante : annonce de règles ASC, diffusion d’un extrait de PV, communication sur une consultation, appel à participation, information sur une prestation, explication d’un avis du CSE ou rappel d’une procédure de signalement. Il est donc utile de conserver les versions finales.
Documents à archiver
- newsletters diffusées ;
- affiches et notes d’information ;
- communications ASC ;
- versions diffusées des PV ou extraits ;
- synthèses de réunions ;
- campagnes de prévention ;
- messages relatifs aux consultations importantes ;
- supports de présentation aux salariés ;
- calendriers éditoriaux ;
- preuves de validation des messages sensibles ;
- listes de diffusion lorsque leur conservation est nécessaire ;
- procédures de communication du CSE.
L’archivage doit rester proportionné. Il ne s’agit pas de conserver indéfiniment toutes les versions de travail, mais de garder les communications finales et les validations utiles.
Intégrer le rôle dans le règlement intérieur du CSE
Le règlement intérieur du CSE est le support le plus stable pour organiser la communication. Il peut prévoir l’existence d’un référent communication, les règles de validation, les supports utilisés, les responsabilités, les limites et l’archivage.
Le règlement intérieur peut aussi distinguer les communications courantes, les communications sensibles et les communications officielles. Cette distinction évite de bloquer les messages simples tout en sécurisant les sujets importants.
Clauses utiles à prévoir
- création de la fonction de référent communication ;
- modalités de désignation et de remplacement ;
- canaux de communication autorisés ;
- messages pouvant être diffusés directement ;
- messages nécessitant validation du secrétaire, du bureau ou du CSE ;
- règles relatives aux PV, extraits et synthèses ;
- règles de confidentialité ;
- protection des données personnelles et droit à l’image ;
- utilisation des outils numériques ;
- coordination avec les référents ASC, SSCT et autres rôles ;
- archivage des communications ;
- procédure en cas d’erreur ou de diffusion inadaptée.
Une bonne clause de règlement intérieur doit répondre à une question simple : qui peut communiquer quoi, par quel canal, avec quelle validation et quelle trace conservée ?
Préparer le point à l’ordre du jour
Le référent communication peut être inscrit à l’ordre du jour pour créer la fonction, désigner la personne, adopter une charte de communication, valider les canaux utilisés, fixer les règles de diffusion des PV ou organiser une campagne d’information.
Exemple de formulation pour créer la fonction
“Création de la fonction de référent communication du CSE : missions confiées, canaux de communication utilisés, articulation avec le secrétaire, règles de validation des messages, confidentialité, protection des données personnelles, archivage des supports et intégration dans le règlement intérieur du CSE.”
Exemple de formulation pour désigner le référent
“Désignation du référent communication du CSE : présentation des candidatures, vote de la désignation, durée de la fonction, accès aux outils de communication, règles de publication, modalités de remplacement et inscription de la décision au procès-verbal.”
Exemple de formulation pour adopter une charte de communication
“Adoption d’une charte de communication du CSE : supports utilisés, validation des communications courantes et sensibles, diffusion des procès-verbaux adoptés ou synthèses, confidentialité, données personnelles, droit à l’image, calendrier éditorial et archivage des communications.”
Si le point implique l’utilisation d’outils de l’entreprise ou la diffusion de documents officiels, il est préférable de le formuler explicitement. Une simple mention “communication CSE” peut être insuffisante pour sécuriser la décision.
Que faire en cas d’erreur, de contestation ou de blocage ?
Les difficultés les plus fréquentes concernent les messages diffusés trop vite, les informations inexactes, les communications non validées, les données personnelles exposées, les PV diffusés avant adoption, les conflits entre élus sur le ton, l’usage contesté de la messagerie de l’entreprise ou le refus de l’employeur de certains canaux.
La première réponse consiste à revenir aux règles internes : règlement intérieur, résolution du CSE, charte de communication, modalités de diffusion des PV, accords applicables et décisions déjà votées. Si les règles sont absentes ou imprécises, le CSE doit les compléter.
Méthode en cas de difficulté
- identifier le message, le canal, la date et la personne ayant diffusé ;
- vérifier si le message avait été validé ;
- corriger rapidement une information inexacte ;
- retirer ou limiter la diffusion si des données personnelles ou confidentielles ont été exposées ;
- informer le CSE de l’incident lorsque le sujet est sérieux ;
- archiver la version corrigée ;
- mettre à jour la procédure de validation ;
- clarifier les droits d’accès aux outils de publication ;
- faire apparaître les décisions au procès-verbal si nécessaire ;
- former ou sensibiliser les élus aux règles de communication.
L’erreur de communication doit être traitée avec sérieux, mais sans dramatisation inutile. Le plus important est de corriger vite, de protéger les personnes et de mettre en place une règle qui évite la répétition.
Modèles utiles
Modèle de résolution de désignation du référent communication
Résolution relative à la désignation du référent communication du CSE
Après échange entre les membres présents, le comité social et économique décide de créer ou de confirmer la fonction de référent communication afin de faciliter l’information des salariés sur les travaux, actions, prestations et informations pratiques du CSE.
Est candidat à la fonction de référent communication : [nom et prénom du candidat].
Après vote, le CSE désigne [nom et prénom] en qualité de référent communication à compter du [date].
Le référent communication exerce ses missions dans le cadre du règlement intérieur du CSE et des décisions du comité. Il peut notamment préparer les supports d’information, proposer un calendrier éditorial, mettre en forme les communications, coordonner les informations transmises par les élus référents, préparer les messages relatifs aux ASC, aux réunions, aux permanences et aux actions du CSE, et archiver les communications diffusées.
Le CSE rappelle que le référent communication ne décide pas seul des positions officielles du comité, des communications sensibles, des messages relatifs aux consultations importantes, des extraits de procès-verbaux ou des informations confidentielles. Ces communications sont validées selon les règles prévues par le règlement intérieur ou par décision du CSE.
Le référent communication respecte les règles de confidentialité, de protection des données personnelles, de droit à l’image, de prudence rédactionnelle et d’archivage applicables aux communications du CSE.
Résultat du vote : [nombre de voix pour] pour, [nombre de voix contre] contre, [nombre d’abstentions] abstention(s).
Mini check-list avant diffusion d’une communication du CSE
- Le message relève-t-il d’une information courante ou d’un sujet sensible ?
- La source de l’information est-elle fiable et vérifiée ?
- Le message engage-t-il une position officielle du CSE ?
- Une validation du secrétaire, du bureau ou du CSE est-elle nécessaire ?
- Le message contient-il des données personnelles ?
- Le message contient-il des informations confidentielles ou non encore adoptées ?
- Les dates, montants, liens, contacts et règles pratiques sont-ils exacts ?
- Le canal choisi est-il adapté : affichage, mail, intranet, newsletter, plateforme ASC ?
- La version finale diffusée sera-t-elle archivée ?
- Une personne est-elle identifiée pour répondre aux questions des salariés ?
FAQ
Le référent communication du CSE est-il obligatoire ?
Non. Le Code du travail ne prévoit pas une fonction obligatoire de référent communication. Le CSE peut toutefois créer ce rôle pour mieux organiser ses relations avec les salariés, notamment dans son règlement intérieur ou par une résolution.
Le référent communication peut-il diffuser les procès-verbaux du CSE ?
Le procès-verbal peut, après avoir été adopté, être affiché ou diffusé par le secrétaire du CSE, selon les modalités prévues par le règlement intérieur. Le référent communication peut préparer la mise en forme ou l’envoi, mais il doit respecter le rôle du secrétaire et ne pas diffuser un projet de PV comme document officiel.
Le référent communication peut-il publier seul un message au nom du CSE ?
Oui pour des messages courants si le CSE l’a prévu : rappel d’une permanence, date limite ASC, information pratique. En revanche, les communications sensibles, politiques, confidentielles, financières ou liées à une consultation doivent être validées selon les règles internes du CSE.
Le CSE peut-il utiliser la messagerie professionnelle ou l’intranet de l’entreprise ?
Cela dépend des accords applicables, des usages et des règles définies avec l’employeur. Il est préférable de fixer les modalités d’utilisation des outils numériques dans le règlement intérieur du CSE ou dans un accord afin d’éviter les blocages et les utilisations contestées.
Que faire si une communication du CSE contient une erreur ?
Il faut corriger rapidement, diffuser une rectification si nécessaire, retirer les informations sensibles si elles n’auraient pas dû être publiées, informer le CSE lorsque l’erreur est sérieuse et mettre à jour la procédure de validation pour éviter que la situation se reproduise.
Pour aller plus loin
-
Créer une charte de communication du CSE : règles, validation et canaux
Prochainement Charte -
Diffuser les procès-verbaux du CSE : version adoptée, extraits et confidentialité
Prochainement PV -
Newsletter du CSE : méthode simple pour informer régulièrement les salariés
Prochainement Newsletter -
Communication du CSE et données personnelles : photos, listes, mails et formulaires
Prochainement Données
Références
- Code du travail, article L. 2315-24 : règlement intérieur du CSE, modalités de fonctionnement du comité et rapports avec les salariés.
- Code du travail, article L. 2315-23 : personnalité civile du CSE dans les entreprises d’au moins 50 salariés, gestion de son patrimoine et désignation obligatoire du secrétaire et du trésorier.
- Code du travail, article L. 2315-29 : ordre du jour de chaque réunion du CSE établi par le président et le secrétaire, et inscription de plein droit des consultations obligatoires.
- Code du travail, article L. 2315-34 : procès-verbal des délibérations du CSE établi par le secrétaire du comité.
- Code du travail, article L. 2315-35 : affichage ou diffusion du procès-verbal après adoption, par le secrétaire du CSE, selon les modalités précisées par le règlement intérieur.
- Code du travail, articles R. 2315-25 à D. 2315-27 : modalités réglementaires relatives aux procès-verbaux, aux délais de transmission, à l’enregistrement et à la sténographie des réunions du CSE.
- Code du travail, article L. 2312-8 : attributions générales du CSE dans les entreprises d’au moins 50 salariés sur l’organisation, la gestion et la marche générale de l’entreprise.
- Code du travail, article L. 2312-15 : informations précises et écrites, délai d’examen suffisant et réponse motivée de l’employeur aux observations du CSE dans le cadre des consultations.
- Code du travail, article L. 2315-32 : résolutions du CSE prises à la majorité des membres présents.
- Code du travail, article L. 2315-3 : secret professionnel et obligation de discrétion des membres de la délégation du personnel du CSE et des représentants syndicaux.
- Code du travail, article L. 2312-59 : droit d’alerte du CSE en cas d’atteinte aux droits des personnes, à leur santé physique ou mentale ou aux libertés individuelles.
- Code du travail, article L. 2315-69 : rapport présentant des informations qualitatives sur les activités du CSE et sa gestion financière, utile pour la communication annuelle du comité.
- Code du travail, article L. 2315-72 : information des salariés sur les comptes annuels ou documents comptables applicables, accompagnés du rapport d’activité et de gestion.
- Code du travail, article L. 2312-81 : contribution de l’employeur au financement des activités sociales et culturelles, utile pour les communications relatives aux ASC.
- CNIL, “RGPD en pratique : protéger les données” : repères utiles pour la protection des données personnelles dans les communications, formulaires, newsletters, photos et outils numériques du CSE.
- CNIL, “Le droit à l’image” : repères pratiques pour la publication de photos ou vidéos de personnes identifiables.
- Ministère du Travail, “Le fonctionnement et les moyens d’action du CSE” : repères institutionnels sur le fonctionnement et les moyens d’action du comité social et économique.
- Service-Public.fr, “Diffamation” : repères utiles pour mesurer les risques liés aux propos publics ou écrits susceptibles de porter atteinte à la réputation d’une personne.
