Les obligations comptables du CSE
Les obligations comptables du CSE permettent de sécuriser la gestion des budgets, de rendre compte aux élus et aux salariés, et de préserver la confiance dans l’utilisation des fonds du comité. Dans les entreprises d’au moins 50 salariés, le CSE dispose en principe d’un budget de fonctionnement et d’un budget destiné aux activités sociales et culturelles. Ces ressources doivent être suivies, justifiées, présentées, approuvées et conservées selon des règles adaptées à la taille du comité. Cette page aide les élus, secrétaires et trésoriers à comprendre les régimes comptables applicables, les documents à produire, les délais à respecter et les points de vigilance à suivre.
À retenir
- Le CSE est soumis à des obligations comptables, même lorsqu’il dispose de ressources modestes.
- Le niveau d’obligation varie selon les ressources du comité et, pour les CSE les plus importants, selon certains seuils de bilan, ressources et salariés du comité.
- Les budgets du CSE doivent être distingués : budget de fonctionnement et budget des activités sociales et culturelles ne financent pas les mêmes dépenses.
- Les comptes ou documents simplifiés doivent être arrêtés, puis approuvés par les membres élus du CSE en séance plénière dédiée.
- Les documents comptables doivent être communiqués aux membres du CSE au moins trois jours avant la réunion d’approbation des comptes.
- Les comptes, documents simplifiés et pièces justificatives doivent être conservés pendant dix ans.
Comprendre l’objectif des obligations comptables du CSE
Les obligations comptables du CSE ne sont pas une formalité réservée aux grands comités. Elles servent à garantir une gestion transparente, vérifiable et conforme des ressources confiées au CSE. Elles protègent les élus, les salariés bénéficiaires, le trésorier, le secrétaire et le comité lui-même.
L’article L. 2315-64 du Code du travail prévoit que le CSE est soumis aux obligations comptables définies à l’article L. 123-12 du Code de commerce. Les comptes annuels du CSE sont établis selon les modalités définies par un règlement de l’Autorité des normes comptables.
En pratique, la comptabilité permet de répondre à des questions simples : quelles ressources le CSE a-t-il reçues ? Quelles dépenses ont été engagées ? À quoi ont servi les budgets ? Les activités sociales et culturelles sont-elles financées correctement ? Le budget de fonctionnement est-il utilisé pour les missions du CSE ? Les décisions ont-elles été validées ? Les justificatifs existent-ils ?
Une obligation juridique et un outil de confiance
Une comptabilité bien tenue évite les soupçons, les erreurs de budget, les contestations internes et les difficultés en cas de contrôle. Elle permet aussi aux nouveaux élus de reprendre le mandat dans de bonnes conditions, avec une vision claire de la situation financière du comité.
Identifier les ressources à suivre
Le CSE doit suivre l’ensemble de ses ressources. Dans les entreprises d’au moins 50 salariés, ces ressources proviennent généralement de deux grandes enveloppes : la subvention de fonctionnement et la contribution aux activités sociales et culturelles. Le CSE peut aussi recevoir d’autres ressources selon ses activités, ses placements, ses remboursements ou ses participations.
Le budget de fonctionnement est prévu à l’article L. 2315-61 du Code du travail. Il permet au CSE de financer ses missions économiques, juridiques, sociales, administratives et de représentation. Le budget des activités sociales et culturelles relève notamment de l’article L. 2312-81 du Code du travail, qui encadre la contribution de l’employeur aux ASC.
Pour apprécier certains seuils comptables, les ressources annuelles sont définies par les articles D. 2315-34 et D. 2315-36 du Code du travail. Ces règles prennent notamment en compte la subvention de fonctionnement et certaines ressources liées aux activités sociales et culturelles.
Ressources courantes à identifier
- Subvention de fonctionnement versée par l’employeur.
- Contribution de l’employeur aux activités sociales et culturelles.
- Participations financières des salariés à certaines activités.
- Produits financiers ou intérêts éventuels.
- Remboursements, avoirs, annulations ou régularisations de fournisseurs.
- Recettes liées à des événements organisés par le CSE.
- Éventuels transferts autorisés entre budgets, dans les limites prévues par les textes.
Le trésorier doit pouvoir expliquer l’origine de chaque recette et l’affectation de chaque dépense. Cette traçabilité est indispensable pour respecter la séparation entre les budgets et préparer l’approbation annuelle des comptes.
Distinguer les trois niveaux d’obligations comptables
Le Code du travail prévoit des obligations comptables adaptées à la taille du CSE. On distingue généralement les petits CSE, les CSE de taille intermédiaire et les grands CSE. Cette distinction permet d’éviter d’imposer la même lourdeur comptable à un petit comité et à un comité disposant de ressources importantes.
Les petits CSE
L’article L. 2315-65 du Code du travail prévoit que le CSE dont les ressources annuelles n’excèdent pas un seuil fixé par décret peut tenir une comptabilité très simplifiée : un livre retraçant chronologiquement les dépenses et recettes, ainsi qu’un état de synthèse simplifié relatif au patrimoine et aux engagements en cours.
Le seuil applicable est fixé par l’article D. 2315-35 du Code du travail, par renvoi au Code de commerce.
Les CSE de taille intermédiaire
Les CSE dont les ressources dépassent le seuil du régime très simplifié, mais qui ne dépassent pas certains seuils de taille, doivent établir des comptes annuels avec une présentation simplifiée. L’article L. 2315-64 permet cette présentation simplifiée lorsque le CSE n’excède pas, pour au moins deux des trois critères, les seuils fixés par décret : nombre de salariés du comité, ressources annuelles et total du bilan.
Dans ce cas, l’article L. 2315-76 du Code du travail prévoit que le CSE confie la mission de présentation de ses comptes annuels à un expert-comptable. Le coût est pris en charge par le CSE sur sa subvention de fonctionnement.
Les grands CSE
Lorsque le CSE dépasse, pour au moins deux des trois critères prévus, les seuils fixés par décret, il doit appliquer des obligations plus complètes. L’article L. 2315-73 du Code du travail prévoit alors la nomination d’au moins un commissaire aux comptes et d’un suppléant, distincts de ceux de l’entreprise. Le coût de la certification est pris en charge par le CSE sur sa subvention de fonctionnement.
Les seuils réglementaires applicables à la présentation simplifiée, à l’intervention de l’expert-comptable, à la certification et à la consolidation figurent notamment aux articles D. 2315-33 à D. 2315-40 du Code du travail.
Séparer budget de fonctionnement et budget ASC
La séparation entre le budget de fonctionnement et le budget des activités sociales et culturelles est l’un des points les plus importants de la comptabilité du CSE. Ces deux budgets ont des finalités différentes et ne doivent pas être confondus.
Le budget de fonctionnement finance les moyens nécessaires au mandat : documentation, formation économique des élus, assistance juridique, frais administratifs, outils de gestion, communication avec les salariés, recours à certains experts ou prestations utiles à l’exercice des missions du CSE.
Le budget ASC finance les prestations sociales et culturelles au bénéfice des salariés, de leur famille et des stagiaires : billetterie, chèques-cadeaux, vacances, loisirs, aides sociales, activités sportives ou culturelles, selon les règles définies par le CSE.
Points de vigilance
- Ne pas financer des activités sociales et culturelles avec le budget de fonctionnement hors cas légalement autorisé.
- Ne pas financer des dépenses de mandat avec le budget ASC.
- Utiliser des comptes bancaires ou une organisation comptable permettant de distinguer clairement les deux budgets.
- Classer chaque dépense selon sa finalité réelle.
- Faire valider les décisions importantes par une délibération du CSE.
- Conserver les justificatifs permettant d’expliquer l’affectation de la dépense.
La séparation budgétaire ne doit pas être seulement théorique. Elle doit apparaître dans la comptabilité, les tableaux de suivi, les comptes annuels ou documents simplifiés, et le rapport de gestion.
Mettre en place une organisation comptable simple et fiable
La qualité de la comptabilité dépend beaucoup de l’organisation quotidienne. Même un petit CSE doit éviter une gestion informelle reposant uniquement sur les relevés bancaires ou la mémoire du trésorier. Chaque opération doit pouvoir être justifiée.
Le CSE doit prévoir une méthode pour enregistrer les recettes, classer les dépenses, conserver les factures, suivre les remboursements, rapprocher les comptes bancaires et préparer les documents annuels. Le règlement intérieur du CSE peut utilement préciser les responsabilités du trésorier, du secrétaire et des membres élus chargés d’arrêter les comptes.
Organisation minimale recommandée
- Un compte bancaire clairement identifié, voire des comptes distincts pour fonctionnement et ASC.
- Un classement régulier des factures et justificatifs.
- Un tableau ou logiciel de suivi des recettes et dépenses.
- Un rapprochement bancaire périodique.
- Une procédure de validation des dépenses importantes.
- Une conservation sécurisée des pièces comptables.
- Un suivi des engagements : devis signés, commandes, abonnements, contrats, avances et dettes.
- Un point budgétaire régulier en réunion du CSE.
Le trésorier ne doit pas être seul à porter la gestion financière. Le CSE doit collectivement fixer les règles, valider les budgets, contrôler les engagements et approuver les comptes. Cette répartition protège le trésorier et renforce la transparence interne.
Arrêter les comptes du CSE
L’arrêté des comptes est l’étape qui consiste à établir les documents comptables de l’exercice écoulé avant leur approbation. Il ne doit pas être confondu avec l’approbation. Les comptes sont d’abord arrêtés par des membres élus désignés par le comité, puis approuvés en séance plénière.
L’article L. 2315-68 du Code du travail prévoit que les comptes annuels du CSE sont arrêtés, selon des modalités prévues par son règlement intérieur, par des membres élus du CSE désignés par lui et au sein de ses membres élus. Cette règle s’applique également aux documents simplifiés des petits CSE.
Les documents arrêtés sont ensuite mis à disposition, le cas échéant, du ou des commissaires aux comptes. Ils sont ensuite approuvés par les membres élus du comité réunis en séance plénière.
Bonnes pratiques
- Désigner clairement les élus chargés d’arrêter les comptes.
- Prévoir la procédure dans le règlement intérieur du CSE.
- Vérifier les soldes bancaires, les factures, les engagements et les dettes.
- Contrôler la séparation fonctionnement / ASC.
- Identifier les écarts entre budget prévisionnel et budget réalisé.
- Préparer les documents à transmettre aux membres élus avant la réunion d’approbation.
L’arrêté des comptes doit être préparé avec rigueur, même lorsque le comité utilise un outil simple. L’objectif est que les membres élus puissent approuver les comptes sur la base d’informations fiables.
Approuver les comptes en réunion plénière dédiée
L’approbation des comptes est une étape obligatoire et formalisée. L’article L. 2315-68 prévoit que les comptes annuels ou documents simplifiés sont approuvés par les membres élus du CSE réunis en séance plénière. La réunion au cours de laquelle les comptes sont approuvés porte sur ce seul sujet et fait l’objet d’un procès-verbal spécifique.
L’article R. 2315-37 du Code du travail prévoit que les comptes annuels ou les documents simplifiés sont approuvés dans un délai de six mois à compter de la clôture de l’exercice. Ce délai peut être prolongé à la demande du CSE par ordonnance du président du tribunal judiciaire statuant sur requête.
L’article L. 2315-71 du Code du travail prévoit qu’au plus tard trois jours avant la réunion d’approbation, les membres chargés d’arrêter les comptes communiquent aux membres du CSE les comptes annuels ou documents simplifiés, accompagnés du rapport de gestion.
Points à respecter
- Organiser une réunion spécifique consacrée à l’approbation des comptes.
- Communiquer les documents aux membres du CSE au moins trois jours avant la réunion.
- Présenter les comptes, les écarts importants, les engagements et les transactions significatives.
- Faire voter les membres élus du CSE.
- Établir un procès-verbal spécifique.
- Respecter le délai de six mois à compter de la clôture de l’exercice.
L’approbation ne doit pas être traitée rapidement en fin d’ordre du jour ordinaire. La réunion dédiée permet de donner aux comptes l’importance qu’ils méritent et de sécuriser la décision du comité.
Établir le rapport de gestion du CSE
Le rapport de gestion complète les comptes. Il permet aux élus et aux salariés de comprendre l’activité du comité, l’utilisation des ressources, les choix budgétaires et la situation financière. Il ne s’agit pas seulement d’un document comptable : c’est un document de transparence.
L’article L. 2315-69 du Code du travail prévoit que le CSE établit, selon les modalités prévues par son règlement intérieur, un rapport présentant des informations qualitatives sur ses activités et sur sa gestion financière, afin d’éclairer l’analyse des comptes par les membres élus du comité et les salariés de l’entreprise.
Le contenu du rapport varie selon le régime comptable du CSE. L’article D. 2315-38 du Code du travail détaille notamment les informations relatives à l’organisation du comité, à l’utilisation de la subvention de fonctionnement, aux activités sociales et culturelles, au patrimoine, aux engagements en cours et aux transactions significatives.
Contenu utile du rapport
- Composition et organisation du CSE.
- Présentation des budgets de fonctionnement et ASC.
- Principales dépenses de fonctionnement : expertises, formation, communication, outils, frais de mandat.
- Présentation des activités sociales et culturelles et de leurs bénéficiaires.
- Écarts entre budget prévisionnel et budget réalisé.
- Patrimoine du CSE : comptes bancaires, matériel, immobilisations, placements éventuels.
- Engagements en cours : contrats, abonnements, commandes, dettes, créances.
- Transactions significatives.
Un bon rapport de gestion permet aux salariés de comprendre les choix du CSE sans entrer dans des détails inutiles ou confidentiels. Il donne de la lisibilité à l’action du comité.
Présenter les conventions avec les membres du CSE
Le CSE doit être particulièrement vigilant lorsqu’il conclut une convention avec l’un de ses membres, directement ou indirectement. Ces situations peuvent créer un risque de conflit d’intérêts, même lorsqu’elles sont parfaitement régulières sur le fond.
L’article L. 2315-70 du Code du travail prévoit que le trésorier du CSE ou, le cas échéant, le commissaire aux comptes, présente un rapport sur les conventions passées directement, indirectement ou par personne interposée entre le CSE et l’un de ses membres.
Ce rapport est présenté aux membres élus du CSE lors de la réunion plénière consacrée à l’approbation des comptes. Il permet d’assurer la transparence sur les situations dans lesquelles un élu pourrait avoir un intérêt personnel, familial, professionnel ou économique dans une opération du comité.
Exemples de situations à surveiller
- Prestation réalisée par une entreprise appartenant à un élu du CSE.
- Achat ou service fourni par un proche d’un membre du CSE.
- Contrat conclu avec une structure dans laquelle un élu exerce des fonctions.
- Remboursement ou avantage particulier accordé à un membre dans des conditions spécifiques.
- Convention indirecte passant par une personne ou une structure interposée.
La meilleure protection consiste à déclarer les situations, faire délibérer le CSE, conserver les justificatifs et éviter que l’élu intéressé participe à une décision dans laquelle il se trouve en conflit d’intérêts.
Communiquer les comptes aux salariés
Les salariés ont vocation à être informés de la gestion du CSE. Le budget du comité existe pour financer ses missions et, le cas échéant, les activités sociales et culturelles dont les salariés bénéficient. La transparence est donc une obligation et une bonne pratique démocratique.
L’article L. 2315-72 du Code du travail prévoit que le CSE porte à la connaissance des salariés de l’entreprise, par tout moyen, ses comptes annuels ou documents simplifiés, accompagnés du rapport de gestion.
Cette communication doit être compréhensible. Le CSE peut diffuser les documents complets ou une présentation pédagogique accompagnée des documents obligatoires, selon les modalités retenues. Il doit veiller à ne pas diffuser inutilement des données personnelles ou sensibles, notamment les listes nominatives de bénéficiaires d’aides sociales.
Supports possibles
- Affichage CSE.
- Espace intranet ou espace documentaire du CSE.
- Mail aux salariés.
- Présentation synthétique annuelle.
- Réunion d’information ou permanence du CSE.
- Livret annuel des actions et comptes du CSE.
La communication des comptes est aussi un moment utile pour expliquer les choix du comité : développement d’une nouvelle prestation, hausse d’un poste de dépense, baisse d’un reliquat, investissement dans un outil ou modification de la politique ASC.
Conserver les documents comptables et justificatifs
La conservation des documents est une obligation essentielle. Sans justificatifs, il devient difficile de prouver la régularité d’une dépense, d’expliquer un solde, de répondre à une question d’un salarié, de préparer un contrôle ou de transmettre la gestion aux nouveaux élus.
L’article L. 2315-75 du Code du travail prévoit que les comptes annuels et, le cas échéant, les documents simplifiés, ainsi que les pièces justificatives qui s’y rapportent, sont conservés pendant dix ans à compter de la date de clôture de l’exercice auquel ils se rapportent.
Documents à conserver
- Comptes annuels ou documents simplifiés.
- Rapport de gestion.
- Procès-verbal spécifique d’approbation des comptes.
- Factures, notes de frais, devis, bons de commande et contrats.
- Relevés bancaires et rapprochements bancaires.
- Justificatifs des recettes et subventions reçues.
- Justificatifs des prestations ASC et règles d’attribution.
- Documents relatifs aux immobilisations, placements, dettes, créances et engagements.
- Correspondances importantes avec l’employeur, les prestataires, l’expert-comptable ou le commissaire aux comptes.
Une conservation numérique est possible si elle est organisée, sécurisée et accessible aux élus habilités. Le CSE doit éviter les documents dispersés dans des boîtes mail personnelles ou sur des ordinateurs privés sans sauvegarde.
Travailler avec l’expert-comptable et le commissaire aux comptes
Selon sa taille, le CSE peut être accompagné par un expert-comptable ou être soumis à l’intervention d’un commissaire aux comptes. Ces interventions ne doivent pas être vues comme une perte d’autonomie, mais comme un moyen de sécuriser la gestion.
L’article L. 2315-76 prévoit que certains CSE confient la mission de présentation de leurs comptes annuels à un expert-comptable. Cette mission est financée sur la subvention de fonctionnement du CSE.
L’article L. 2315-73 prévoit que les CSE dépassant certains seuils nomment au moins un commissaire aux comptes et un suppléant, distincts de ceux de l’entreprise. Lorsque le CSE établit des comptes consolidés, il nomme deux commissaires aux comptes dans les conditions prévues par le Code de commerce.
Rôle de l’expert-comptable
- Présenter les comptes annuels du CSE.
- Aider à fiabiliser le classement comptable.
- Vérifier la cohérence des documents produits.
- Accompagner le trésorier dans les écritures et états de synthèse.
- Alerter sur des points d’organisation ou de contrôle interne.
Rôle du commissaire aux comptes
- Certifier les comptes lorsque le CSE dépasse les seuils applicables.
- Vérifier la régularité et la sincérité des comptes.
- Intervenir dans la procédure d’alerte en cas de faits de nature à compromettre la continuité de l’exploitation du CSE.
- Présenter, le cas échéant, un rapport sur les conventions avec les membres du CSE.
Le CSE doit anticiper ces interventions, prévoir leur coût dans le budget de fonctionnement et transmettre les documents nécessaires dans un délai raisonnable.
Préparer la transmission en fin de mandat
Les obligations comptables ne concernent pas seulement la fin de l’exercice. Elles concernent aussi la continuité entre deux mandats. Les nouveaux élus doivent pouvoir comprendre rapidement la situation financière du CSE, les engagements en cours, les contrats, les soldes budgétaires, les règles ASC et les dossiers ouverts.
L’article R. 2315-39 du Code du travail prévoit que les membres du CSE sortant rendent compte au nouveau comité de leur gestion, y compris des attributions économiques et des activités sociales et culturelles du comité. Ils remettent aux nouveaux membres tous documents concernant l’administration et l’activité du comité.
Dossier de transmission recommandé
- Derniers comptes approuvés et rapports de gestion.
- Situation comptable de l’exercice en cours.
- Relevés bancaires et liste des comptes ouverts.
- Contrats, abonnements et engagements en cours.
- Règlement intérieur du CSE et règles ASC.
- Liste des prestataires et accès aux outils numériques.
- Archives comptables des exercices antérieurs.
- Tableau des budgets et reliquats.
- Procès-verbaux relatifs aux décisions financières importantes.
Une bonne transmission évite que les nouveaux élus repartent de zéro. Elle limite aussi les risques de perte de documents, d’oubli de contrats ou de mauvaise affectation des dépenses.
Réagir en cas de difficulté ou d’irrégularité comptable
Les difficultés comptables peuvent avoir plusieurs origines : absence de justificatifs, factures manquantes, dépenses non votées, confusion entre budgets, compte bancaire mal suivi, prestations ASC attribuées sans règle, documents non transmis, trésorier isolé, désaccord entre élus ou soupçon de conflit d’intérêts.
La réponse doit être progressive, factuelle et documentée. Le CSE doit d’abord identifier le problème, rechercher les pièces, régulariser ce qui peut l’être, faire délibérer le comité si nécessaire et mettre en place une procédure pour éviter que la difficulté se reproduise.
Réflexes utiles
- Demander un point comptable inscrit à l’ordre du jour du CSE.
- Identifier précisément les dépenses ou recettes concernées.
- Rechercher les justificatifs manquants.
- Faire valider les régularisations par une délibération si nécessaire.
- Consulter l’expert-comptable ou le commissaire aux comptes lorsque le CSE y est soumis.
- Mettre à jour le règlement intérieur ou les procédures internes.
- Prévoir un contrôle régulier des dépenses importantes.
- Informer les membres élus sans exposer inutilement des données personnelles.
En cas de difficulté grave, le CSE doit éviter les arrangements informels. Il doit privilégier la transparence interne, les traces écrites et l’accompagnement par un professionnel compétent.
Modèles utiles
Modèle de délibération d’approbation des comptes du CSE
Lors de la réunion plénière spécifique du CSE du [date], consacrée à l’approbation des comptes de l’exercice clos le [date de clôture], les membres élus du comité ont examiné les documents suivants :
- les comptes annuels ou documents comptables simplifiés de l’exercice ;
- le rapport de gestion du CSE ;
- le rapport sur les conventions passées entre le CSE et l’un de ses membres, le cas échéant ;
- les documents complémentaires utiles à l’analyse des comptes.
Les documents ont été communiqués aux membres du CSE dans le délai requis avant la réunion. Après présentation par [nom / qualité] et échanges entre les membres élus, le CSE procède au vote sur l’approbation des comptes de l’exercice [année].
Résultat du vote :
- Pour : [nombre]
- Contre : [nombre]
- Abstentions : [nombre]
Les comptes de l’exercice [année] sont [approuvés / non approuvés]. Le présent point fait l’objet d’un procès-verbal spécifique.
Mini check-list annuelle des obligations comptables
- Les recettes et dépenses sont-elles enregistrées régulièrement ?
- Les justificatifs sont-ils classés et conservés ?
- Les budgets fonctionnement et ASC sont-ils clairement séparés ?
- Les engagements en cours sont-ils identifiés : contrats, abonnements, dettes, créances ?
- Les élus chargés d’arrêter les comptes ont-ils été désignés ?
- Le rapport de gestion est-il préparé ?
- Les documents sont-ils transmis aux membres du CSE au moins trois jours avant la réunion d’approbation ?
- La réunion d’approbation porte-t-elle uniquement sur les comptes ?
- Le procès-verbal spécifique est-il rédigé ?
- Les comptes ou documents simplifiés et le rapport de gestion sont-ils communiqués aux salariés ?
- Les documents comptables et justificatifs sont-ils conservés pendant dix ans ?
- La transmission aux nouveaux élus est-elle organisée en fin de mandat ?
FAQ
Un petit CSE doit-il tenir une comptabilité ?
Oui. Même lorsqu’il relève du régime simplifié, le CSE doit tenir un livre retraçant chronologiquement les recettes et les dépenses, et établir une fois par an un état de synthèse simplifié portant notamment sur son patrimoine et ses engagements en cours.
Qui arrête les comptes du CSE ?
Les comptes sont arrêtés, selon les modalités prévues par le règlement intérieur, par des membres élus du CSE désignés par le comité parmi ses membres élus. L’arrêté des comptes précède leur approbation en séance plénière.
La réunion d’approbation des comptes peut-elle traiter d’autres sujets ?
Non. La réunion au cours de laquelle les comptes sont approuvés doit porter sur ce seul sujet et faire l’objet d’un procès-verbal spécifique. Il est donc préférable d’organiser une réunion dédiée ou un temps formel distinct conforme à cette exigence.
Le CSE doit-il communiquer ses comptes aux salariés ?
Oui. Le CSE doit porter à la connaissance des salariés, par tout moyen, ses comptes annuels ou documents simplifiés, accompagnés du rapport de gestion. Cette communication doit rester compréhensible et respecter la confidentialité des données individuelles.
Combien de temps faut-il conserver les pièces comptables du CSE ?
Les comptes annuels ou documents simplifiés, ainsi que les pièces justificatives qui s’y rapportent, doivent être conservés pendant dix ans à compter de la date de clôture de l’exercice concerné.
Pour aller plus loin
-
Préparer l’approbation annuelle des comptes du CSE
Prochainement Comptes -
Séparer budget de fonctionnement et budget ASC
Prochainement Budgets -
Construire un rapport de gestion clair pour le CSE
Prochainement Rapport -
Transmettre la comptabilité du CSE aux nouveaux élus
Prochainement Transmission
Références
- Code du travail, article L. 2315-64 : soumission du CSE aux obligations comptables, comptes annuels et présentation simplifiée selon les seuils applicables.
- Code du travail, article L. 2315-65 : régime très simplifié pour les CSE dont les ressources annuelles n’excèdent pas le seuil fixé par décret.
- Code du travail, article L. 2315-66 : informations relatives aux transactions significatives réalisées par le CSE.
- Code du travail, article L. 2315-67 : comptes consolidés lorsque le CSE et les entités qu’il contrôle dépassent les seuils applicables.
- Code du travail, article L. 2315-68 : arrêté des comptes par des membres élus désignés, approbation en séance plénière dédiée et procès-verbal spécifique.
- Code du travail, article L. 2315-69 : rapport de gestion présentant des informations qualitatives sur les activités du CSE et sa gestion financière.
- Code du travail, article L. 2315-70 : rapport sur les conventions passées entre le CSE et l’un de ses membres.
- Code du travail, article L. 2315-71 : communication des comptes ou documents simplifiés et du rapport de gestion aux membres du CSE au moins trois jours avant la réunion d’approbation.
- Code du travail, article L. 2315-72 : communication des comptes ou documents simplifiés et du rapport de gestion aux salariés de l’entreprise.
- Code du travail, article L. 2315-73 : nomination d’un commissaire aux comptes et d’un suppléant lorsque les seuils applicables sont dépassés.
- Code du travail, article L. 2315-74 : procédure d’alerte du commissaire aux comptes en cas de faits de nature à compromettre la continuité de l’exploitation du CSE.
- Code du travail, article L. 2315-75 : conservation des comptes, documents simplifiés et pièces justificatives pendant dix ans.
- Code du travail, article L. 2315-76 : mission de présentation des comptes annuels par un expert-comptable pour les CSE concernés.
- Code du travail, article L. 2315-77 : définition des ressources annuelles pour l’appréciation des seuils comptables.
- Code du travail, articles D. 2315-33 à R. 2315-44 : seuils, définition des ressources, délai d’approbation des comptes, contenu du rapport de gestion, transmission aux nouveaux élus et procédure d’alerte du commissaire aux comptes.
- Code du travail, article L. 2315-61 : subvention de fonctionnement du CSE.
- Code du travail, article L. 2312-81 : contribution de l’employeur aux activités sociales et culturelles.
- Service-Public, Comité social et économique : présentation institutionnelle des missions et du fonctionnement du CSE selon l’effectif de l’entreprise.
