Encyclopédie PilotCSE — Ordre du jour du CSE
Redressement judiciaire
Ce point permet au CSE de suivre une procédure de redressement judiciaire, comprendre les possibilités de poursuite de l’activité et anticiper les décisions concernant l’emploi et la cession éventuelle. Il doit être préparé avec des informations précises, un calendrier identifiable et une trace claire des demandes, réponses et suites décidées.
À retenir
- Ce point relève du bloc « Difficultés économiques et situations exceptionnelles ».
- Le CSE doit disposer d’informations précises et écrites avant de se prononcer lorsqu’une consultation est requise.
- L’analyse doit porter notamment sur jugement d’ouverture et état de cessation des paiements et période d’observation et perspectives de redressement.
- Les conséquences sur l’emploi, les compétences, la charge et les conditions de travail doivent être distinguées.
- Les demandes, réserves, propositions et engagements doivent être repris au procès-verbal.
Comprendre le point
Ce point sert à suivre une procédure de redressement judiciaire, comprendre les possibilités de poursuite de l’activité et anticiper les décisions concernant l’emploi et la cession éventuelle. Le titre retenu dans l’ordre du jour ne doit pas rester abstrait : il doit permettre d’identifier le projet, la décision ou la situation examinée.
Les élus doivent relier les informations économiques, juridiques ou techniques aux effets concrets pour les salariés. Le dossier doit au minimum permettre d’examiner jugement d’ouverture et état de cessation des paiements, période d’observation et perspectives de redressement et besoins de financement et activité prévisionnelle.
Lorsque plusieurs procédures se superposent, le CSE doit distinguer les consultations, les avis attendus, les délais applicables et les décisions qui restent encore ouvertes.
Le bon réflexe des élus
Demander un tableau synthétique présentant jugement d’ouverture et état de cessation des paiements, période d’observation et perspectives de redressement, les conséquences attendues, les mesures proposées, le responsable de chaque action et son échéance.
Quand l’inscrire à l’ordre du jour ?
Ce point est utile dès qu’un projet, une décision, une procédure ou un changement suffisamment précis doit être présenté au CSE ou faire l’objet d’un suivi.
- première présentation de redressement judiciaire
- transmission d’informations nouvelles ou modification du périmètre
- préparation d’une consultation ou d’un avis du CSE
- demande de documents ou d’explications complémentaires
- examen des mesures d’accompagnement et de prévention
- suivi des engagements pris lors d’une réunion précédente
La formulation doit nommer le sujet, préciser le stade d’avancement, les documents attendus et, lorsqu’un avis est requis, mentionner explicitement l’information-consultation et le recueil de l’avis.
Ce que le CSE peut demander ou décider
Dans le cadre de ses attributions, le CSE peut demander les éléments nécessaires, formuler des observations, proposer des mesures et organiser le suivi.
- obtenir le jugement et les coordonnées des organes de la procédure
- demander des points réguliers sur la trésorerie et l’activité
- faire préciser les décisions soumises au tribunal
- examiner les projets de licenciement ou de cession
- préparer les avis et observations du CSE
- suivre les engagements sociaux du plan arrêté
Le procès-verbal doit distinguer les informations reçues, les réponses de l’employeur, les documents restant à transmettre, les propositions du CSE et la décision ou l’avis éventuellement adopté.
Documents utiles et traçabilité
Le dossier doit être adapté au sujet et permettre aux élus de vérifier les hypothèses, le périmètre, le calendrier et les conséquences annoncées.
- jugement d’ouverture
- bilan économique et social disponible
- prévisions d’activité et de trésorerie
- projets de plan de redressement ou de cession
- demandes de licenciements pendant la période d’observation
- offres de reprise et conséquences sur l’emploi
- calendrier des audiences et décisions
Conservez la version exacte des documents examinés et datez les mises à jour. Toute modification importante du projet ou de ses modalités peut justifier une nouvelle information du CSE.
Points de vigilance
Les élus doivent vérifier la réalité du projet, le caractère suffisant des informations et la cohérence entre les objectifs annoncés et les conséquences concrètes.
- information irrégulière en raison de l’urgence
- confusion entre pouvoirs de l’employeur et organes de la procédure
- offres de reprise examinées sans comparaison sociale
- licenciements présentés comme automatiques
- absence de suivi après le jugement arrêtant le plan
En présence d’informations incomplètes, le CSE a intérêt à formaliser précisément les pièces manquantes et les raisons pour lesquelles elles sont nécessaires à l’exercice de ses attributions.
Modèles utiles
Modèle de formulation à l’ordre du jour
Information et, le cas échéant, consultation du CSE sur « Redressement judiciaire » : présentation du contexte, du périmètre, des objectifs, du calendrier, des documents transmis et des conséquences sur l’emploi, les compétences, l’organisation et les conditions de travail.
Questions et demandes du CSE, réponses de l’employeur, examen des mesures d’accompagnement, recueil de l’avis ou adoption d’une délibération lorsque cela est requis, puis définition des modalités de suivi.
Mini check-list
- Le sujet et le périmètre sont-ils précisément identifiés ?
- Le CSE intervient-il avant une décision devenue irréversible ?
- Les documents ont-ils été transmis dans un délai utile ?
- Les hypothèses et données utilisées sont-elles vérifiables ?
- Les conséquences sur l’emploi et le travail sont-elles détaillées ?
- Les mesures d’accompagnement disposent-elles d’un calendrier et d’un budget ?
- Les demandes et réponses seront-elles tracées au procès-verbal ?
- Une prochaine échéance de suivi est-elle fixée ?
FAQ
Ce point impose-t-il toujours un vote du CSE ?
Non. Un vote est nécessaire lorsqu’un avis ou une décision du comité est attendu. Une information ou un suivi peut être traité sans vote, à condition que les échanges et demandes soient clairement consignés.
Le CSE peut-il demander des documents complémentaires ?
Oui. Il peut demander les informations nécessaires à la compréhension du sujet et à l’exercice de ses attributions, en expliquant précisément l’utilité des pièces demandées.
Que faire si le projet change après la réunion ?
Une modification importante du périmètre, du calendrier, des impacts ou des mesures d’accompagnement doit être portée à la connaissance du CSE et peut nécessiter une nouvelle consultation.
Les conséquences sur les conditions de travail doivent-elles être examinées ?
Oui dès lors que le sujet modifie les tâches, la charge, les horaires, les outils, les responsabilités, l’autonomie ou les risques professionnels.
Comment sécuriser le suivi ?
Le procès-verbal doit identifier les documents manquants, les engagements, les responsables, les échéances et la date à laquelle le CSE réexaminera le point.
Pour aller plus loin
Préparer les questions du CSE sur redressement judiciaire
Prochainement QuestionsConstruire un tableau de suivi des engagements
Prochainement SuiviRédiger un avis motivé du CSE
Prochainement AvisDemander des informations complémentaires
Prochainement Documents
Références
- Code de commerce — redressement judiciaire, articles L. 631-1 à L. 632-4 : cadre et objectifs du redressement judiciaire.
- Code de commerce, article L. 631-17 : licenciements urgents, inévitables et indispensables pendant la période d’observation.
- Code du travail, article L. 2312-37 : consultation du CSE en cas de redressement judiciaire.
- Code du travail — licenciement économique : règles sociales applicables aux suppressions d’emplois.
