Santé et sécurité
La santé et la sécurité font partie des missions essentielles du CSE. Dans les entreprises d’au moins 50 salariés, les représentants du personnel contribuent à la prévention des risques professionnels, à l’amélioration des conditions de travail, à l’analyse des accidents, au suivi des actions de prévention et à l’alerte en cas de situation dangereuse. Le CSE ne remplace pas l’employeur, qui reste responsable de la sécurité des salariés, mais il dispose de moyens concrets pour observer, questionner, proposer et agir.
À retenir
- L’employeur reste responsable de la sécurité et de la protection de la santé physique et mentale des travailleurs.
- Le CSE contribue à la prévention : analyse des risques, inspections, enquêtes, observations, propositions et suivi des mesures.
- Au moins quatre réunions du CSE par an doivent porter, en tout ou partie, sur la santé, la sécurité et les conditions de travail.
- Les élus doivent s’appuyer sur des documents clés : DUERP, rapport annuel SSCT, PAPRIPACT, accidents du travail, maladies professionnelles, alertes et plans d’action.
- Les situations graves doivent être traitées sans attendre : danger grave et imminent, atteinte aux droits des personnes, risque grave ou projet important modifiant les conditions de travail.
- La CSSCT peut préparer les travaux, mais le CSE conserve les attributions consultatives et la décision de recourir à un expert.
Comprendre la mission santé-sécurité du CSE
La mission santé-sécurité du CSE consiste à représenter les salariés sur tout ce qui concerne la protection de leur santé, leur sécurité et leurs conditions de travail. Elle ne se limite pas aux accidents visibles. Elle couvre aussi l’organisation du travail, la charge de travail, les horaires, les locaux, les équipements, les produits utilisés, les risques psychosociaux, le télétravail, les violences internes ou externes, les changements d’outils et les réorganisations.
L’article L. 2312-9 du Code du travail prévoit que le CSE procède notamment à l’analyse des risques professionnels auxquels peuvent être exposés les travailleurs. Il contribue aussi à promouvoir la santé, la sécurité et l’amélioration des conditions de travail dans l’entreprise.
Cette mission est indissociable de l’obligation générale de sécurité de l’employeur. L’article L. 4121-1 du Code du travail impose à l’employeur de prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs. Ces mesures comprennent des actions de prévention, d’information, de formation, ainsi que la mise en place d’une organisation et de moyens adaptés.
Une mission de vigilance et de proposition
Le CSE ne décide pas seul des mesures de prévention. Il observe, interroge, alerte, propose et suit les réponses de l’employeur. Son rôle est de faire entrer le travail réel dans le dialogue social : ce que vivent les salariés, les contraintes du terrain, les risques concrets, les écarts entre les procédures écrites et la réalité du travail.
Distinguer la responsabilité de l’employeur et le rôle des élus
La santé et la sécurité reposent d’abord sur la responsabilité de l’employeur. C’est lui qui doit évaluer les risques, mettre en place les mesures de prévention, adapter l’organisation du travail, former les salariés, fournir les équipements nécessaires et vérifier l’efficacité des mesures prises.
Le CSE intervient comme instance de représentation et de contrôle social. Les élus ne deviennent pas responsables à la place de l’employeur parce qu’ils signalent un risque ou participent à une enquête. Ils doivent toutefois exercer leurs prérogatives avec sérieux, car leur action peut permettre d’éviter un accident, de faire corriger une organisation dangereuse ou de rendre visibles des risques sous-estimés.
Ce que les élus peuvent faire
- Faire remonter les situations dangereuses ou dégradées.
- Demander des informations et des documents de prévention.
- Réaliser des inspections en matière de santé, sécurité et conditions de travail.
- Participer aux enquêtes après accident du travail ou maladie professionnelle.
- Demander la mise à jour du DUERP lorsque des risques sont mal évalués.
- Formuler des propositions concrètes de prévention.
- Rendre un avis sur les projets ayant un impact sur la santé ou les conditions de travail.
- Déclencher les droits d’alerte lorsque la situation le justifie.
Le bon équilibre consiste à ne pas se substituer à l’employeur, tout en refusant de rester spectateur. Le CSE doit demander des mesures, suivre leur mise en œuvre et conserver une trace écrite des échanges importants.
Organiser les réunions santé, sécurité et conditions de travail
La santé et la sécurité doivent être traitées régulièrement en réunion CSE. L’article L. 2315-27 du Code du travail prévoit qu’au moins quatre réunions du CSE portent chaque année, en tout ou partie, sur les attributions du comité en matière de santé, sécurité et conditions de travail. Ces réunions peuvent être plus fréquentes en cas de besoin, notamment dans les branches d’activité présentant des risques particuliers.
Ces réunions ne doivent pas être de simples points d’information. Elles doivent permettre de traiter les accidents, les signalements, les risques identifiés, les inspections, les documents de prévention, les projets d’organisation et les mesures correctives attendues.
Points à inscrire régulièrement à l’ordre du jour
- Suivi des accidents du travail, accidents de trajet, maladies professionnelles et presque-accidents.
- Analyse des risques prioritaires identifiés dans le DUERP.
- Examen du PAPRIPACT et suivi des actions de prévention.
- Résultats des inspections réalisées par les élus ou la CSSCT.
- Questions de charge de travail, effectifs, horaires, organisation et télétravail.
- Prévention du harcèlement moral, du harcèlement sexuel et des agissements sexistes.
- Suivi des alertes, signalements et situations dangereuses.
- Effets des projets de transformation sur les conditions de travail.
Une bonne pratique consiste à préparer un tableau de suivi SSCT avec les risques identifiés, les demandes du CSE, les réponses de l’employeur, les échéances et l’état d’avancement des mesures.
Analyser les risques professionnels
L’analyse des risques est au cœur de la mission santé-sécurité du CSE. Elle consiste à repérer les situations qui peuvent porter atteinte à la santé ou à la sécurité des salariés, à comprendre leurs causes et à proposer des actions de prévention adaptées.
Le CSE doit s’appuyer sur les principes généraux de prévention prévus à l’article L. 4121-2 du Code du travail : éviter les risques, évaluer ceux qui ne peuvent pas être évités, combattre les risques à la source, adapter le travail à l’homme, tenir compte de l’évolution de la technique, remplacer ce qui est dangereux par ce qui ne l’est pas ou l’est moins, planifier la prévention et donner des instructions appropriées.
Risques à examiner
- Risques physiques : chute, manutention, bruit, température, vibrations, machines, circulation.
- Risques chimiques ou biologiques : produits, poussières, fumées, agents infectieux, exposition accidentelle.
- Risques psychosociaux : surcharge, conflits, isolement, perte de sens, pression, violence interne ou externe.
- Risques organisationnels : sous-effectif, délais irréalistes, objectifs contradictoires, polyvalence subie.
- Risques liés aux horaires : travail de nuit, amplitudes, repos insuffisant, astreintes, rythmes atypiques.
- Risques liés aux transformations : déménagement, nouveaux outils, automatisation, réorganisation, télétravail.
- Risques d’usure professionnelle : gestes répétitifs, postures, port de charges, exposition durable à des contraintes.
L’analyse ne doit pas se limiter à ce qui est visible sur un poste. Elle doit aussi intégrer l’organisation du travail : effectifs, marges de manœuvre, formation, consignes, management, moyens disponibles et rythme réel de l’activité.
Utiliser les documents de prévention
Les élus doivent connaître et utiliser les documents de prévention. Le document unique d’évaluation des risques professionnels, ou DUERP, est le document de base. L’article L. 4121-3-1 du Code du travail prévoit que le DUERP répertorie l’ensemble des risques professionnels auxquels sont exposés les travailleurs et assure la traçabilité collective de ces expositions.
Dans les entreprises d’au moins 50 salariés, les résultats de l’évaluation des risques doivent déboucher sur un programme annuel de prévention des risques professionnels et d’amélioration des conditions de travail. Ce programme, souvent appelé PAPRIPACT, doit fixer les mesures de prévention prévues, les conditions d’exécution, les indicateurs de résultat, l’estimation du coût, les ressources mobilisées et le calendrier.
Dans le cadre de la consultation sur la politique sociale, les conditions de travail et l’emploi, l’article L. 2312-27 du Code du travail prévoit également la présentation au CSE d’un rapport annuel écrit faisant le bilan de la situation générale de la santé, de la sécurité et des conditions de travail, ainsi que du programme annuel de prévention.
Documents à demander ou à suivre
- DUERP et mises à jour.
- PAPRIPACT et tableau d’avancement des actions.
- Rapport annuel santé, sécurité et conditions de travail.
- Données relatives aux accidents du travail, accidents de trajet et maladies professionnelles.
- Rapports d’inspection, contrôles réglementaires, rapports de maintenance ou vérifications périodiques.
- Plans de prévention, protocoles de sécurité et documents liés aux interventions d’entreprises extérieures.
- Rapports ou observations du service de prévention et de santé au travail, lorsqu’ils sont communicables au CSE.
- Documents relatifs aux projets importants modifiant les conditions de travail.
Un document transmis mais non exploité n’apporte pas grand-chose. Les élus doivent comparer les documents entre eux, repérer les risques absents, vérifier les actions non réalisées et demander des explications lorsque les mesures prévues ne sont pas suivies.
Réaliser des inspections et des enquêtes
Le CSE dispose d’un levier très concret : aller voir les situations de travail. L’article L. 2312-13 du Code du travail prévoit que le comité procède, à intervalles réguliers, à des inspections en matière de santé, de sécurité et des conditions de travail. Il réalise également des enquêtes en matière d’accidents du travail ou de maladies professionnelles ou à caractère professionnel.
Les inspections permettent d’observer les postes, les locaux, les flux, les outils, les contraintes et les situations réelles. Les enquêtes permettent d’analyser un accident, une maladie professionnelle, un incident ou une situation révélant un risque.
En cas d’accident du travail ou de maladie professionnelle ou à caractère professionnel, l’article R. 2312-2 du Code du travail prévoit que l’enquête du CSE ou de la CSSCT est réalisée par une délégation comprenant au moins l’employeur ou un représentant désigné par lui et un représentant du personnel siégeant au CSE.
Bonnes pratiques
- Préparer chaque inspection avec un thème, un périmètre et une grille simple.
- Observer le travail réel, pas seulement les consignes affichées.
- Écouter les salariés concernés sans exposer inutilement leur situation.
- Rechercher les causes organisationnelles, pas seulement les comportements individuels.
- Formuler des propositions concrètes et datées.
- Faire inscrire les suites au procès-verbal ou dans un tableau de suivi.
L’objectif n’est pas de produire un contrôle administratif de plus. L’objectif est d’identifier ce qui expose les salariés et d’obtenir des mesures efficaces pour supprimer ou réduire le risque.
Être consulté sur les projets qui modifient les conditions de travail
Le CSE doit être informé et consulté sur les questions intéressant l’organisation, la gestion et la marche générale de l’entreprise, notamment sur les conditions d’emploi, de travail, la durée du travail et la formation professionnelle. Ce cadre est prévu par l’article L. 2312-8 du Code du travail.
Un projet peut sembler économique, technique ou organisationnel, mais avoir des conséquences fortes sur la santé et la sécurité. Les élus doivent donc toujours interroger les effets concrets du projet sur le travail réel.
Projets à analyser sous l’angle santé-sécurité
- Réorganisation d’un service ou modification importante des missions.
- Déménagement, transformation des locaux ou passage en open space.
- Introduction d’un nouvel outil numérique ou d’une nouvelle technologie.
- Modification des horaires, des objectifs ou des rythmes de travail.
- Externalisation, sous-traitance ou changement de prestataire.
- Réduction d’effectifs ou redistribution des tâches.
- Déploiement ou modification du télétravail.
- Changement de processus, de machine, d’équipement ou de méthode de production.
Avant de rendre un avis, le CSE doit demander une analyse des impacts : charge de travail, formation, risques nouveaux, mesures d’accompagnement, mise à jour du DUERP, calendrier, indicateurs de suivi et mesures de prévention avant déploiement.
Agir en cas d’alerte ou de situation grave
La mission santé-sécurité du CSE comprend aussi des droits d’alerte. Ces droits doivent être utilisés lorsque la situation dépasse la simple demande d’explication ou le suivi ordinaire d’un sujet SSCT.
L’article L. 2312-59 du Code du travail prévoit un droit d’alerte en cas d’atteinte aux droits des personnes, à leur santé physique ou mentale ou aux libertés individuelles, notamment en cas de harcèlement moral, de harcèlement sexuel ou de discrimination. L’employeur doit alors procéder sans délai à une enquête avec le membre du CSE et prendre les dispositions nécessaires pour remédier à la situation.
L’article L. 2312-60 du Code du travail prévoit également les droits d’alerte en cas de danger grave et imminent ainsi qu’en matière de santé publique et d’environnement.
Réflexes en cas de situation grave
- Qualifier la situation : réclamation, risque grave, danger grave et imminent, atteinte aux droits, harcèlement, discrimination.
- Recueillir les faits de manière précise : date, lieu, personnes exposées, documents, témoins, mesures déjà prises.
- Alerter l’employeur selon la procédure adaptée.
- Demander une enquête et des mesures immédiates si la situation l’exige.
- Protéger la confidentialité des personnes concernées.
- Tracer les démarches : courriel, registre, procès-verbal, rapport d’enquête.
- Suivre les mesures correctives dans la durée.
Le CSE doit agir vite lorsque la santé ou la sécurité est menacée, mais sans confondre rapidité et improvisation. La méthode protège les salariés et renforce la crédibilité de l’alerte.
Comprendre le rôle de la CSSCT
La commission santé, sécurité et conditions de travail, ou CSSCT, est une commission du CSE. Elle est obligatoire dans certaines entreprises et certains établissements, notamment dans les entreprises d’au moins 300 salariés, les établissements distincts d’au moins 300 salariés et certains établissements présentant des risques particuliers, comme le prévoit l’article L. 2315-36 du Code du travail.
La CSSCT peut préparer les travaux du CSE : inspections, analyse des documents, suivi des accidents, préparation des questions, propositions de mesures, échanges avec les acteurs de prévention. Elle permet d’approfondir les sujets santé-sécurité lorsque l’activité, l’effectif ou les risques le justifient.
Mais la CSSCT ne remplace pas le CSE. L’article L. 2315-38 du Code du travail prévoit que la CSSCT peut se voir confier, par délégation du CSE, tout ou partie des attributions du comité relatives à la santé, à la sécurité et aux conditions de travail, à l’exception du recours à un expert et des attributions consultatives du comité.
Point de vigilance
Les travaux de la CSSCT doivent revenir devant le CSE lorsque le comité doit rendre un avis, voter une résolution, demander des documents, décider d’une expertise ou suivre un engagement de l’employeur. La commission prépare ; le CSE délibère.
Recourir à l’expertise lorsque le risque ou le projet le justifie
Le CSE peut faire appel à un expert habilité dans certains cas. L’article L. 2315-94 du Code du travail prévoit notamment le recours à un expert lorsqu’un risque grave, identifié et actuel, révélé ou non par un accident du travail, une maladie professionnelle ou à caractère professionnel, est constaté dans l’établissement. Il prévoit aussi l’expertise en cas d’introduction de nouvelles technologies ou de projet important modifiant les conditions de santé et de sécurité ou les conditions de travail.
L’expertise n’est pas une réponse automatique à toute difficulté. Elle doit être utilisée lorsque le CSE a besoin d’une analyse technique, organisationnelle ou ergonomique approfondie pour comprendre un risque ou un projet. Elle doit être décidée par une délibération claire du CSE.
Situations pouvant justifier une expertise
- Accidents graves ou incidents répétés révélant un risque important.
- Risque psychosocial grave et actuel documenté par des faits précis.
- Réorganisation importante modifiant fortement le travail ou les conditions de santé-sécurité.
- Nouveau système, nouvel outil ou nouvelle technologie modifiant l’activité réelle.
- Désaccord sérieux sur l’évaluation des risques ou les mesures de prévention.
- Projet complexe nécessitant une analyse indépendante avant avis du CSE.
La délibération doit préciser le fondement du recours, les faits ou le projet concerné, le périmètre de la mission et les questions auxquelles l’expert devra répondre. Une expertise mal cadrée est plus facilement contestable et moins utile pour les salariés.
Former les élus à la santé, sécurité et conditions de travail
Les missions santé-sécurité exigent une formation spécifique. Les élus doivent savoir lire un DUERP, analyser un accident, conduire une inspection, repérer les risques psychosociaux, comprendre les obligations de prévention et formuler des demandes utiles.
L’article L. 2315-18 du Code du travail prévoit que les membres de la délégation du personnel du CSE bénéficient de la formation nécessaire à l’exercice de leurs missions en matière de santé, sécurité et conditions de travail. La formation est d’une durée minimale de cinq jours lors du premier mandat. En cas de renouvellement, elle est d’au moins trois jours pour chaque membre de la délégation du personnel, et de cinq jours pour les membres de la CSSCT dans les entreprises d’au moins 300 salariés.
Compétences à développer
- Comprendre les obligations de prévention de l’employeur.
- Identifier les principaux risques professionnels.
- Analyser les accidents et presque-accidents.
- Préparer une inspection SSCT.
- Lire le DUERP, le rapport annuel et le PAPRIPACT.
- Formuler un avis sur un projet important.
- Utiliser les droits d’alerte avec méthode.
- Suivre les engagements de prévention dans le temps.
La formation est un investissement essentiel. Elle permet aux élus de passer d’une réaction intuitive à une action structurée, argumentée et plus difficile à écarter par l’employeur.
Construire une méthode annuelle de prévention pour le CSE
Pour être efficace, le CSE doit organiser son action santé-sécurité sur l’année. Sans méthode, les élus risquent de fonctionner uniquement dans l’urgence, au moment des accidents, des alertes ou des projets déjà engagés. Une méthode annuelle permet d’anticiper, de suivre et de relancer.
Organisation recommandée
- Programmer les quatre réunions SSCT obligatoires dès le début de l’année.
- Planifier des inspections par service, site, risque ou thème prioritaire.
- Mettre à jour un tableau de suivi des risques, demandes et actions correctives.
- Préparer l’examen du DUERP, du rapport annuel SSCT et du PAPRIPACT.
- Identifier les projets à venir pouvant modifier les conditions de travail.
- Suivre les accidents, presque-accidents et maladies professionnelles.
- Organiser les liens entre CSE, CSSCT, référent harcèlement sexuel, service de prévention et santé au travail et salariés.
- Prévoir un bilan annuel des actions santé-sécurité du CSE.
Cette méthode donne de la continuité au mandat. Elle permet aussi aux nouveaux élus de comprendre rapidement les dossiers en cours, les engagements déjà pris et les risques prioritaires de l’entreprise.
Réagir en cas de blocage ou d’information insuffisante
Les blocages peuvent prendre plusieurs formes : documents non transmis, DUERP incomplet, absence de réponse aux observations du CSE, refus d’inspection, minimisation des accidents, PAPRIPACT vague, projet présenté sans analyse des impacts ou absence de suivi des mesures annoncées.
Le CSE doit réagir progressivement, mais fermement. Il peut demander les documents manquants, inscrire le sujet à l’ordre du jour, faire acter les difficultés au procès-verbal, demander le report d’un avis, alerter l’inspection du travail ou envisager un recours à expertise lorsque les conditions sont réunies.
Réflexes utiles
- Formuler des demandes écrites, précises et datées.
- Rattacher chaque demande à une mission du CSE ou à un risque identifié.
- Demander une réponse de l’employeur et une échéance de traitement.
- Faire figurer les points de blocage au procès-verbal.
- Utiliser les réunions SSCT pour suivre les engagements.
- Saisir l’inspection du travail lorsque la situation relève de son contrôle.
- Préparer une délibération claire si le CSE envisage une expertise.
La force du CSE repose souvent sur la qualité de sa trace écrite. Une demande orale peut être oubliée. Une demande inscrite à l’ordre du jour, discutée en réunion, reprise au procès-verbal et suivie dans un tableau devient un véritable outil d’action.
Modèles utiles
Modèle de demande d’inscription d’un point santé-sécurité à l’ordre du jour
Madame / Monsieur,
Les représentants du personnel au CSE demandent l’inscription du point suivant à l’ordre du jour de la prochaine réunion du comité :
Point santé-sécurité : examen de la situation relative à [risque / service / projet / événement concerné]
Cette demande fait suite aux éléments suivants : [faits constatés, remontées de salariés, accident, presque-accident, signalement, document transmis ou absence de document].
Les élus souhaitent examiner les conséquences possibles sur la santé, la sécurité et les conditions de travail des salariés concernés, ainsi que les mesures de prévention prévues ou déjà mises en œuvre par l’employeur.
Nous demandons la transmission préalable des documents suivants :
- [Document utile n° 1]
- [Document utile n° 2]
- [Document utile n° 3]
Nous souhaitons que les réponses de l’employeur, les mesures envisagées et les échéances de mise en œuvre soient consignées au procès-verbal.
Bien cordialement,
[Nom / qualité / pour le CSE]
Mini check-list santé-sécurité du CSE
- Les quatre réunions annuelles SSCT sont-elles planifiées ?
- Le DUERP est-il disponible, actualisé et exploitable ?
- Le PAPRIPACT contient-il des actions précises, chiffrées, datées et suivies ?
- Les accidents, presque-accidents et maladies professionnelles sont-ils analysés ?
- Des inspections régulières sont-elles organisées ?
- Les projets importants sont-ils analysés sous l’angle de la santé et des conditions de travail ?
- Les risques psychosociaux, la charge de travail et l’organisation du travail sont-ils réellement traités ?
- Les demandes du CSE et les réponses de l’employeur sont-elles tracées ?
- La CSSCT, si elle existe, restitue-t-elle ses travaux au CSE ?
- Les élus sont-ils formés et disposent-ils d’outils de suivi simples ?
FAQ
Le CSE est-il responsable de la sécurité des salariés ?
Non. L’employeur reste responsable de la sécurité et de la protection de la santé physique et mentale des travailleurs. Le CSE exerce un rôle de représentation, d’analyse, de proposition, de consultation et d’alerte. Il ne se substitue pas à l’employeur dans la mise en œuvre des mesures de prévention.
Combien de réunions santé-sécurité le CSE doit-il tenir chaque année ?
Au moins quatre réunions du CSE doivent porter chaque année, en tout ou partie, sur les attributions du comité en matière de santé, sécurité et conditions de travail. Des réunions supplémentaires peuvent être nécessaires en cas de risque particulier, d’accident, d’alerte ou de projet important.
La CSSCT remplace-t-elle le CSE sur les sujets santé-sécurité ?
Non. La CSSCT prépare et suit les sujets qui lui sont confiés, mais elle ne peut pas exercer les attributions consultatives du CSE ni décider du recours à un expert à sa place. Les avis et décisions restent de la compétence du CSE.
Le CSE peut-il demander la mise à jour du DUERP ?
Oui. Le CSE peut demander la mise à jour du DUERP lorsqu’un risque est absent, sous-évalué ou révélé par un accident, une inspection, une alerte, une maladie professionnelle ou un projet modifiant les conditions de travail.
Quand le CSE peut-il recourir à un expert habilité ?
Le CSE peut recourir à un expert habilité notamment lorsqu’un risque grave, identifié et actuel, est constaté dans l’établissement, ou en cas de projet important modifiant les conditions de santé et de sécurité ou les conditions de travail. La décision doit être adoptée par une délibération claire du CSE.
Pour aller plus loin
-
Préparer les quatre réunions santé-sécurité du CSE
Prochainement Réunions SSCT -
Analyser les risques professionnels avec le DUERP
Prochainement DUERP -
Construire un tableau de suivi santé-sécurité pour le CSE
Prochainement Suivi -
Inspection, enquête, alerte ou expertise : choisir le bon levier SSCT
Prochainement Leviers
Références
- Code du travail, article L. 4121-1 : obligation générale de l’employeur d’assurer la sécurité et de protéger la santé physique et mentale des travailleurs.
- Code du travail, article L. 4121-2 : principes généraux de prévention.
- Code du travail, article L. 4121-3-1 : DUERP, traçabilité collective des expositions et programme annuel de prévention dans les entreprises d’au moins 50 salariés.
- Code du travail, article L. 2312-8 : attributions générales du CSE dans les entreprises d’au moins 50 salariés, information-consultation sur l’organisation, la gestion et la marche générale de l’entreprise.
- Code du travail, article L. 2312-9 : missions du CSE en matière de santé, sécurité et conditions de travail, analyse des risques professionnels et promotion de la prévention.
- Code du travail, article L. 2312-13 : inspections du CSE et enquêtes en matière d’accidents du travail ou de maladies professionnelles ou à caractère professionnel.
- Code du travail, article R. 2312-2 : composition minimale de la délégation d’enquête en cas d’accident du travail ou de maladie professionnelle ou à caractère professionnel.
- Code du travail, article L. 2312-27 : rapport annuel santé, sécurité et conditions de travail et programme annuel de prévention présentés au CSE.
- Code du travail, article L. 2312-59 : droit d’alerte en cas d’atteinte aux droits des personnes, à leur santé physique ou mentale ou aux libertés individuelles.
- Code du travail, article L. 2312-60 : droit d’alerte en cas de danger grave et imminent et en matière de santé publique et d’environnement.
- Code du travail, article L. 2315-18 : formation des membres de la délégation du personnel du CSE en santé, sécurité et conditions de travail.
- Code du travail, article L. 2315-27 : au moins quatre réunions annuelles du CSE consacrées en tout ou partie aux attributions santé, sécurité et conditions de travail.
- Code du travail, article L. 2315-36 : création obligatoire de la CSSCT dans les entreprises et établissements concernés.
- Code du travail, article L. 2315-38 : délégation possible d’attributions SSCT à la CSSCT, hors recours à l’expert et attributions consultatives du CSE.
- Code du travail, article L. 2315-94 : recours à un expert habilité en cas de risque grave ou de projet important modifiant les conditions de santé, de sécurité ou les conditions de travail.
