Encyclopédie PilotCSE — Ordre du jour du CSE
Expertise : opportunité
Le CSE peut se faire assister d’un expert-comptable pour analyser les orientations stratégiques, leurs hypothèses et leurs conséquences. L’opportunité du recours doit être appréciée au regard des enjeux, de la complexité du dossier et de l’utilité attendue pour l’avis du comité.
À retenir
- Le recours à l’expert-comptable est prévu pour la consultation sur les orientations stratégiques.
- Cette expertise est en principe cofinancée à 80 % par l’employeur et 20 % par le budget de fonctionnement du CSE.
- Une prise en charge intégrale par l’employeur peut s’appliquer dans les conditions particulières prévues par l’article L. 2315-80.
- L’expert doit être désigné assez tôt pour analyser les orientations avant l’avis du CSE.
- Le périmètre doit porter sur les choix stratégiques et leurs conséquences sociales, organisationnelles et environnementales.
Comprendre le point
L’expertise est particulièrement utile lorsque les orientations sont complexes, pluriannuelles, liées à un changement de modèle, à des investissements importants, à une transformation numérique, à une acquisition, à une externalisation ou à une évolution significative des métiers.
Le coût n’est pas le seul critère. Le CSE doit comparer l’utilité attendue, les compétences internes disponibles, la qualité du dossier, les délais et les conséquences potentielles des choix présentés.
Le bon réflexe des élus
Avant le vote, demander à l’expert pressenti une présentation du périmètre possible et vérifier l’incidence financière exacte sur le budget de fonctionnement du CSE.
Quand l’inscrire à l’ordre du jour ?
Ce point doit être inscrit dès l’ouverture de la consultation ou suffisamment tôt pour préserver le calendrier.
- stratégie difficile à relier aux impacts sur l’emploi et les compétences
- opération de croissance externe, cession, fermeture ou changement de modèle
- investissements ou transformations technologiques majeurs
- recours accru à la sous-traitance, à l’intérim ou à l’externalisation
- dossier incomplet ou hypothèses stratégiques insuffisamment expliquées
L’ordre du jour doit annoncer l’examen du recours, son financement, la désignation de l’expert et le périmètre envisagé.
Ce que le CSE peut demander ou décider
Le CSE peut apprécier l’utilité de l’expertise et préparer une décision sécurisée.
- identifier les orientations, hypothèses et conséquences à analyser
- évaluer le coût prévisionnel et la part supportée par le budget de fonctionnement
- vérifier si les conditions d’une prise en charge intégrale par l’employeur sont réunies
- choisir l’expert-comptable et cadrer les questions prioritaires
- articuler la mission avec le calendrier de consultation et la remise de l’avis
- prévoir une restitution permettant aux élus de construire des alternatives
Le CSE doit voter en connaissance du régime de financement et conserver une trace de son analyse budgétaire et de la décision prise.
Documents utiles et traçabilité
Les élus doivent disposer d’éléments suffisants sur le dossier stratégique et sur l’impact financier de l’expertise.
- dossier d’orientations stratégiques et calendrier de consultation
- questions prioritaires et axes d’analyse souhaités
- proposition de mission et estimation de calendrier
- budget de fonctionnement disponible et historique des transferts vers les ASC
- projet de résolution de recours et de désignation
- modalités de restitution et d’intégration du rapport dans l’avis
Le procès-verbal doit préciser le fondement, le financement retenu, l’expert désigné et le résultat du vote.
Points de vigilance
Le principal risque est de décider trop tard ou sans mesurer le financement applicable.
- ignorer la part de 20 % supportée par le budget de fonctionnement
- présumer une prise en charge intégrale sans vérifier les conditions légales
- attendre que les orientations soient déjà mises en œuvre
- confier une mission trop générale sans lien avec la consultation
- ne pas prévoir le temps nécessaire pour exploiter le rapport avant l’avis
Le CSE doit intégrer le coût dans sa décision tout en appréciant les enjeux économiques et sociaux que l’expertise peut éclairer.
Modèles utiles
Modèle de note préparatoire au vote
Le CSE examine l’opportunité d’une expertise dans le cadre de la consultation sur les orientations stratégiques. Les enjeux identifiés sont : [liste].
Le coût prévisionnel estimé est de [montant]. Le régime de financement applicable est [80 % employeur / 20 % CSE, ou prise en charge intégrale sous conditions].
Au regard de la complexité du dossier et des conséquences attendues, il est proposé de désigner [cabinet] pour analyser [axes] et présenter son rapport avant le [date].
Mini check-list
- Le fondement légal est-il identifié ?
- Les enjeux justifiant l’expertise sont-ils écrits ?
- Le régime de financement est-il vérifié ?
- Le budget de fonctionnement permet-il la participation du CSE ?
- L’expert et le périmètre sont-ils identifiés ?
- Le calendrier permet-il une restitution avant l’avis ?
FAQ
Qui finance l’expertise sur les orientations stratégiques ?
En principe, l’employeur prend en charge 80 % et le CSE 20 % sur son budget de fonctionnement.
L’employeur peut-il prendre en charge 100 % ?
Oui dans la situation particulière prévue par l’article L. 2315-80 lorsque le budget de fonctionnement est insuffisant et que les conditions relatives aux transferts vers les ASC sont remplies.
Le CSE peut-il renoncer en raison du coût ?
Oui, la décision lui appartient. Il doit toutefois mettre en balance le coût et les enjeux que l’expertise permettrait d’éclairer.
L’expertise peut-elle analyser l’emploi et les compétences ?
Oui lorsqu’ils sont liés aux orientations stratégiques et nécessaires à l’analyse de leurs conséquences.
Quand faut-il voter ?
Le plus tôt possible dans la consultation, afin de préserver le temps de mission, la restitution et la préparation de l’avis.
Pour aller plus loin
-
Calculer le financement d’une expertise
Prochainement Budget -
Définir la mission sur les orientations stratégiques
Prochainement Mission -
Préparer des alternatives avec l’expert
Prochainement Alternatives -
Gérer une contestation de l’expertise
Prochainement Contentieux
Références
- Code du travail, article L. 2315-87 : droit du CSE de recourir à un expert-comptable pour les orientations stratégiques.
- Code du travail, article L. 2315-80 : règles de financement, dont le partage 80 % employeur et 20 % CSE et l’exception sous conditions.
- Code du travail, article L. 2312-24 : champ de la consultation et conséquences à examiner.
- Code du travail, article L. 2315-32 : majorité applicable à la résolution du CSE.
