- À retenir
- 1) Le cadre légal : qui fixe l’ordre du jour ?
- 1.1 Un ordre du jour co-établi (pas unilatéral)
- 1.2 Délai de communication
- 2) Diagnostic : 3 situations, 3 stratégies
- Situation A — Point “de plein droit”
- Situation B — Réunion demandée par la majorité + questions jointes
- Situation C — Point “classique”
- 3) La méthode opérationnelle (pas à pas)
- Étape 1 — Rédiger un intitulé “ODJ-ready”
- Étape 2 — Formaliser la demande
- Étape 3 — En cas de refus : proposer un compromis cadré
- Étape 4 — Si blocage persistant : basculer sur la majorité
- 4) Peut-on traiter (ou voter) un point non inscrit à l’ordre du jour ?
- Principe : prudence
- Exception utile : unanimité des présents
- 5) Recours en cas de blocage : référé et (parfois) entrave
- 5.1 Le référé pour débloquer l’ordre du jour
- 5.2 L’entrave : quand y penser
- FAQ — Refus d’inscription à l’ordre du jour
- Références (Légifrance)
Un point sensible disparaît de l’ordre du jour… et, comme par hasard, “on verra plus tard”.
Refus, report sans date, prétextes de délai : comment reprendre la main sans s’épuiser ni s’énerver ?
Entre co-construction de l’ordre du jour, points “de plein droit” et réunion demandée par la majorité, le CSE a de vrais leviers.
Reste à les activer dans le bon ordre, avec la bonne formulation, et les bonnes traces écrites.
Méthode, astuces et recours (unanimité, référé, entrave) : tout ce qu’il faut pour éviter qu’un sujet soit enterré.
À retenir
🔼 Retour au sommaire- L’ordre du jour est co-établi par le président et le secrétaire : Code du travail, art. L2315-29.
- Le président communique l’ordre du jour au moins 3 jours avant la réunion : Code du travail, art. L2315-30.
- La majorité des membres du CSE peut demander une seconde réunion : Code du travail, art. L2315-28.
- Si le CSE se réunit à la demande de la majorité, les questions jointes sont inscrites à l’ordre du jour : Code du travail, art. L2315-31.
- En dernier recours : ajout en séance seulement si unanimité des présents, référé pour débloquer, et entrave si le fonctionnement du CSE est compromis : Cass. crim., 13 sept. 2022, n° 21-83.914, Cass. soc., 28 mai 2008, n° 06-20.120, Code du travail, art. L2317-1.
1) Le cadre légal : qui fixe l’ordre du jour ?
🔼 Retour au sommaire1.1 Un ordre du jour co-établi (pas unilatéral)
🔼 Retour au sommaireL’ordre du jour de chaque réunion du CSE est établi par le président et le secrétaire. Cela implique une co-construction : ni l’employeur, ni le secrétaire ne sont censés “imposer” seuls l’ordre du jour. Code du travail, art. L2315-29.
1.2 Délai de communication
🔼 Retour au sommaireLe président communique l’ordre du jour au moins trois jours avant la réunion. Code du travail, art. L2315-30.
2) Diagnostic : 3 situations, 3 stratégies
🔼 Retour au sommaireSituation A — Point “de plein droit”
🔼 Retour au sommaireSi ton point relève d’une obligation légale (consultation obligatoire, mécanisme qui impose l’inscription), un refus est juridiquement fragile. Exemple utile : le droit d’alerte économique prévoit une inscription de droit à l’ordre du jour de la prochaine séance. Code du travail, art. L2312-63.
La Cour de cassation a jugé que le président ne pouvait pas refuser l’inscription d’une résolution relative au droit d’alerte économique en invoquant un délai conventionnel. Cass. soc., 28 juin 2023, n° 22-10.586.
Situation B — Réunion demandée par la majorité + questions jointes
🔼 Retour au sommaireSi le blocage est récurrent ou si l’enjeu est majeur, la majorité des membres du CSE peut demander une seconde réunion (art. L2315-28). Dans ce cadre, les questions jointes à la demande sont inscrites à l’ordre du jour (art. L2315-31).
Concrètement, cela signifie que tu peux “verrouiller” le sujet en joignant à la demande une annexe “questions jointes” rédigée comme un véritable ordre du jour : intitulés clairs, objectifs, suites attendues, documents à transmettre.
Situation C — Point “classique”
🔼 Retour au sommaireLorsque le point n’est pas inscriptible automatiquement, la priorité est la méthode : demande écrite, intitulé “prêt pour l’ODJ”, puis escalade graduée (majorité, référé, entrave selon le contexte).
3) La méthode opérationnelle (pas à pas)
🔼 Retour au sommaireÉtape 1 — Rédiger un intitulé “ODJ-ready”
🔼 Retour au sommaire- Un seul objet par point (éviter “questions diverses” fourre-tout).
- Faits datés + impacts + questions précises au président.
- Suite attendue : information, décision, calendrier, transmission de documents, vote, etc.
Étape 2 — Formaliser la demande
🔼 Retour au sommaireAdresse la demande au président (et au secrétaire si tu n’es pas secrétaire) et demande une confirmation écrite d’inscription ou, à défaut, un report daté et motivé. Rappels : L2315-29 et L2315-30.
Étape 3 — En cas de refus : proposer un compromis cadré
🔼 Retour au sommaire- Découper : information maintenant, décision/vote à la séance suivante.
- Limiter le temps (15–20 minutes).
- Conditionner à la remise des documents utiles (avec date).
Étape 4 — Si blocage persistant : basculer sur la majorité
🔼 Retour au sommaireLa réunion demandée par la majorité, avec des questions jointes rédigées proprement, est souvent le levier le plus dissuasif : L2315-28 et L2315-31.
4) Peut-on traiter (ou voter) un point non inscrit à l’ordre du jour ?
🔼 Retour au sommairePrincipe : prudence
🔼 Retour au sommaireDélibérer sur un point non inscrit expose à contestation. La Cour de cassation a jugé irrégulière une délibération décidant d’engager des poursuites alors que la question n’était pas à l’ordre du jour. Cass. crim., 5 sept. 2006, n° 05-85.895.
Exception utile : unanimité des présents
🔼 Retour au sommaireUne modification de l’ordre du jour en début de séance, acceptée à l’unanimité des membres présents, peut sécuriser le point ajouté. Cass. crim., 13 sept. 2022, n° 21-83.914.
5) Recours en cas de blocage : référé et (parfois) entrave
🔼 Retour au sommaire5.1 Le référé pour débloquer l’ordre du jour
🔼 Retour au sommaireEn cas de désaccord persistant qui empêche le fonctionnement normal du CSE, le juge des référés peut intervenir. Cass. soc., 28 mai 2008, n° 06-20.120.
5.2 L’entrave : quand y penser
🔼 Retour au sommaireL’entrave au fonctionnement régulier du CSE est sanctionnée pénalement. Code du travail, art. L2317-1. La jurisprudence (historiquement sur CE/CHSCT) reste instructive sur les comportements typiques, notamment la fixation unilatérale de l’ODJ : Cass. crim., 4 janv. 1990, n° 88-83.311.
FAQ — Refus d’inscription à l’ordre du jour
🔼 Retour au sommaire1) “Le président dit que ce n’est pas prioritaire” : peut-il refuser ?
2) Peut-on voter une résolution sur un point non inscrit à l’ordre du jour ?
Principe : prudence. Une délibération sur un sujet non inscrit peut être contestée. Exception : ajout en début de séance si unanimité des présents.
Références : Cass. crim., 5 sept. 2006 ; Cass. crim., 13 sept. 2022.
3) Comment déclencher une réunion à la demande de la majorité (et imposer les “questions jointes”) ?
4) “Demande trop tardive” : l’employeur peut-il s’en servir pour écarter le point ?
Une demande tardive peut justifier un report, mais pas un “enterrement”. Exige un report daté et, si besoin, bascule sur la réunion “majorité”. Pour certains mécanismes “de plein droit” (ex. droit d’alerte économique), le refus d’inscription est particulièrement contestable.
Références : L2315-30 ; Cass. soc., 28 juin 2023.
5) Quand saisir le référé ? Et quand parler d’entrave ?
Référé : si le désaccord empêche le fonctionnement normal du CSE (point essentiel écarté, blocage durable, besoin d’une décision rapide). Entrave : si les pratiques compromettent le fonctionnement régulier du CSE (ODJ unilatéral, neutralisation répétée, etc.).
Références : Cass. soc., 28 mai 2008, L2317-1, Cass. crim., 4 janv. 1990.
Références (Légifrance)
🔼 Retour au sommaireRéférence : Code du travail — art. L2315-29
Référence : Code du travail — art. L2315-30
Référence : Code du travail — art. L2315-28
Référence : Code du travail — art. L2315-31
Référence : Code du travail — art. L2317-1
Jurisprudence : Cass. soc., 28 mai 2008, n° 06-20.120
Jurisprudence : Cass. crim., 5 sept. 2006, n° 05-85.895
Jurisprudence : Cass. crim., 13 sept. 2022, n° 21-83.914
Jurisprudence : Cass. soc., 28 juin 2023, n° 22-10.586
Jurisprudence : Cass. crim., 4 janv. 1990, n° 88-83.311
Jurisprudence : Cass. crim., 14 sept. 1988, n° 87-91.416
Jurisprudence : Cass. crim., 11 mars 2008, n° 07-80.169
Référence : Code du travail — art. L2312-63

